Un projet immobilier au Sénégal s’est transformé en véritable mésaventure judiciaire pour Moussa Diallo, un Sénégalais établi en France, et deux de ses proches. En 2023, les trois hommes avaient nourri le projet d’acquérir une parcelle aux Almadies, avant d’être victimes, selon leurs déclarations, d’une escroquerie portant sur plus de 80 millions de francs CFA.
D’après les informations rapportées par Tribune, Moussa Diallo et ses deux amis avaient été mis en relation avec S. Sissokho, établi en France, et I. Diop, résidant au Sénégal. Pour gagner leur confiance, les deux hommes leur auraient présenté un document d’attribution portant sur le lot n° A du titre foncier 22940/NGA, correspondant prétendument à une parcelle de 300 m² située aux Almadies et estimée à 250 millions de francs CFA.
Convaincus par les documents qui leur ont été présentés, les trois investisseurs ont effectué plusieurs transferts d’argent. Le premier, d’un montant de 30 000 euros, soit plus de 19,5 millions de francs CFA, a été effectué le 29 août 2023. Deux autres virements de 9 000 euros chacun, un transfert de 2 000 euros ainsi qu’un versement de 32 millions de francs CFA au profit d’un cousin de S. Sissokho ont ensuite été réalisés.
Au total, plus de 80 millions de francs CFA auraient ainsi été transférés. Mais malgré les paiements effectués, le projet immobilier n’a jamais abouti.
« Ils nous ont présenté un faux document », dénonce Moussa Diallo, cité par Tribune. Ses vérifications auprès de la Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation du sol (DSCOS) auraient confirmé que le document présenté était falsifié.
Des plaintes en France et au Sénégal
Face à cette situation, Moussa Diallo a saisi la Division des investigations criminelles (DIC) d’une plainte contre I. Diop. Une autre plainte a également été déposée en France contre S. Sissokho.
Convoqué dans le cadre de l’enquête, I. Diop aurait reconnu les faits, selon le plaignant, avant de rembourser une partie des sommes et de s’engager à régler le reliquat. Mais depuis, le remboursement aurait cessé.
Moussa Diallo affirme par ailleurs que les fonds auraient servi à l’acquisition d’un appartement à la Cité Ataya, à Yoff. Il évoque ainsi, au-delà de l’escroquerie présumée, des soupçons de blanchiment d’argent et déplore l’absence de versement de droits à l’État sur cette opération.
Dans son entretien avec Tribune, le plaignant dit ne pas comprendre la lenteur du traitement de son dossier. Il affirme disposer de documents et d’éléments de preuve susceptibles d’étayer ses accusations.
Moussa Diallo en appelle désormais au ministre des Affaires étrangères, Cheikh Niang, ainsi qu’au président de la République. Pour lui, la protection des investissements de la diaspora est devenue une nécessité pour préserver la confiance des Sénégalais de l’extérieur.

