El Malick Ndiaye alerte depuis l’Italie : « Le pays est en pause », Bassirou Dieng le recadre et indexe Pastef

Depuis Bergame, en Italie, le vice-président de l’Assemblée nationale et responsable de Pastef, El Malick Ndiaye, a livré une lecture très critique de la situation du Sénégal. Devant des militants de son parti, il a dénoncé ce qu’il considère comme un ralentissement du pays et mis en cause certaines nominations, tout en défendant le bilan des responsables issus de Pastef dans plusieurs directions publiques.

« Le pays est en pause », a déclaré El Malick Ndiaye, estimant que « tout est à l’arrêt sauf la transhumance à outrance ». S’exprimant devant des militants de Pastef en Italie, il a affirmé que cette appréciation ne relevait pas, selon lui, d’une simple volonté de polémiquer, mais d’informations dont il disposerait sur la situation interne du pays.

L’un des principaux volets de son intervention concerne les nominations. El Malick Ndiaye affirme que certaines désignations auraient été effectuées dans des conditions qui, selon lui, pourraient surprendre l’opinion. Il cite notamment des cas de personnes qui auraient souhaité accéder à des fonctions de président de conseil d’administration et qui auraient finalement été nommées à des postes de direction, malgré, affirme-t-il, l’absence des diplômes requis.

Le responsable politique annonce qu’il sera nécessaire, à ses yeux, de revenir un jour sur les conditions de certaines nominations. Il oppose cette situation à celle qu’il attribue aux ministres et directeurs généraux de Pastef ayant précédemment exercé des responsabilités. Selon son récit, plusieurs directions étaient alors confrontées à des difficultés budgétaires et à un endettement important, avant d’être redressées.

Il cite notamment la SAPCO, Dakar Dem Dikk, l’APDA, la SOMISEN et l’ASER, estimant que les directeurs généraux issus de Pastef y auraient réalisé des bilans positifs. Il regrette dès lors leur remplacement par ce qu’il présente comme des profils davantage orientés vers la recherche de bases politiques.

Sur le fonctionnement des institutions, El Malick Ndiaye affirme par ailleurs que l’Assemblée nationale entend « prendre ses responsabilités ». Il assure toutefois que le Parlement ne cherchera pas à bloquer systématiquement les initiatives de l’Exécutif. Selon lui, les textes jugés pertinents seront votés, ceux présentant des insuffisances seront corrigés et ceux qui ne serviraient pas l’intérêt du Sénégal seront arrêtés.

Le responsable de Pastef revient également sur la présidentielle de 2024 et sur le choix de Bassirou Diomaye Faye comme candidat. Il présente le choix effectué par Ousmane Sonko comme une décision destinée, selon son récit, à préserver le « Projet » plutôt qu’à privilégier une candidature personnelle.

Mais ces déclarations ont suscité une réplique de Bassirou Dieng, coordonnateur national de la cellule média de Kiiraay. Celui-ci reprend l’expression « pays en pause », mais en attribue la responsabilité au camp d’El Malick Ndiaye. Il lui reproche notamment ce qu’il considère comme un éloignement des convictions initialement affichées par Pastef.

Bassirou Dieng met également en cause la gestion de certaines ressources publiques et revient sur plusieurs décisions qu’il attribue à Ousmane Sonko et à son entourage politique. Ces accusations sont formulées par lui dans le cadre de sa réponse à El Malick Ndiaye et constituent son appréciation de la situation.

Vox Populi rapporte ainsi un échange politique particulièrement vif, dans lequel El Malick Ndiaye critique la trajectoire actuelle du pays tandis que Bassirou Dieng renvoie la responsabilité de cette situation au camp au pouvoir. Les deux prises de position illustrent surtout la confrontation des lectures politiques autour de la gouvernance et du fonctionnement des institutions.

 

Dieyna SENE
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