Code du travail, protection sociale…: pour une justice sociale palpable, ADHA appelle à passer des textes à l’effectivité des droits

L’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) alerte sur la persistance de situations de non-respect des droits professionnels et sociaux des travailleurs, malgré les réformes engagées. Dans un communiqué daté du 29 septembre 2026, l’organisation appelle notamment à renforcer les moyens des Inspections du Travail et à engager une réforme profonde du système de protection sociale.

Pour ADHA, l’enjeu ne réside plus uniquement dans l’adoption de nouveaux textes, mais dans leur application effective. L’organisation de défense des droits humains dit constater avec préoccupation que de nombreux travailleurs continuent de faire face à des situations dans lesquelles leurs droits professionnels et sociaux ne seraient pas pleinement respectés.

Dans son communiqué, ADHA établit également un lien entre la protection des travailleurs et la question de l’émigration des jeunes Sénégalais. L’organisation estime qu’un pays souhaitant retenir sa jeunesse doit d’abord être en mesure de garantir la dignité de ceux qui travaillent. Elle souligne que certains jeunes ont quitté le Sénégal après avoir été confrontés au chômage, à la précarité ou à des expériences professionnelles caractérisées, selon elle, par le non-respect de leurs droits.

Dans ce contexte, l’organisation estime qu’un nouveau Code du travail ne saurait constituer une réponse suffisante s’il n’est pas accompagné de moyens permettant d’en assurer l’application. ADHA demande ainsi à l’État de renforcer « substantiellement » les moyens humains, matériels et financiers des Inspections du Travail, mais également leurs prérogatives. L’objectif avancé est de permettre des contrôles effectifs et d’assurer les suites prévues par la législation lorsque des violations sont constatées.

Protection sociale et cotisations

ADHA plaide également pour une réforme profonde du système de protection sociale. L’organisation réclame, dans ce cadre, un audit indépendant et rigoureux du recouvrement, du suivi des cotisations ainsi que de la gestion des droits sociaux des travailleurs.

Cette demande traduit, selon le communiqué, la volonté de placer la protection effective des droits sociaux au cœur de la politique du travail. Pour l’organisation, l’existence de mécanismes juridiques ne suffit pas si leur fonctionnement ne permet pas aux travailleurs de bénéficier concrètement des droits qui leur sont reconnus.

Le communiqué aborde par ailleurs la question des relations entre proximité politique et responsabilités professionnelles. ADHA dit observer une « dérive préoccupante » liée, selon elle, à l’utilisation de la proximité politique pour construire des réseaux d’influence ou une forme de protection face aux responsabilités professionnelles et sociales.

L’organisation adresse sur ce point un message particulièrement ferme à ceux qui considéreraient la transhumance politique, les réseaux ou la proximité avec le pouvoir comme une protection contre les conséquences juridiques de leurs actes. « La politique n’est pas une immunité juridique », affirme ADHA.

« Le travailleur ne demande pas de faveur »

Dans son communiqué, ADHA réaffirme sa volonté de poursuivre son travail de documentation, d’alerte et de défense des droits des travailleurs, sans distinction liée au statut, à la fortune ou à la proximité politique des personnes concernées.

Pour l’organisation, la question centrale demeure celle de l’égalité devant la loi. Elle considère que le travailleur ne sollicite pas un traitement de faveur, mais l’application des droits qui lui sont reconnus.

« Le travailleur ne demande pas de faveur : il exige l’application de la loi », souligne ainsi ADHA, qui insiste sur la nécessité d’une application de la loi indépendante des appartenances politiques, des réseaux ou du rang social.

À travers cette sortie, l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié appelle donc à dépasser la seule production normative pour mettre l’accent sur les mécanismes de contrôle, la protection sociale et l’application effective des droits. Un plaidoyer que l’organisation place sous le signe de la dignité, de la justice sociale et de l’effectivité de l’État de droit.

Selon ADHA, l’enjeu est désormais de faire en sorte que les droits reconnus aux travailleurs ne demeurent pas uniquement inscrits dans les textes, mais deviennent une réalité concrète dans le monde professionnel.

Michel DIEYE

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Michel DIEYE

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