Fraude documentaire : sept personnes déférées dans une affaire de faux actes d’état civil

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a démantelé un important réseau spécialisé dans la fabrication et la délivrance frauduleuse de documents d’état civil dans plusieurs communes du sud du Sénégal.

L’Antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) de Ziguinchor a franchi une étape majeure dans une enquête portant sur un vaste système de fraude à l’état civil impliquant plusieurs agents municipaux et intermédiaires.

Le 8 mai 2026, sept individus ont été déférés devant le parquet du Tribunal de grande instance de Ziguinchor pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écritures publiques, complicité et obtention indue de documents administratifs.

L’affaire a débuté lors d’un contrôle de routine effectué au poste de Cantene. Les agents ont intercepté une ressortissante étrangère en possession d’un extrait et d’une copie littérale d’acte de naissance provenant de la mairie de Kaour et présentant de fortes présomptions de fraude.

Interrogée, la suspecte a reconnu avoir obtenu les documents moyennant la somme de 20 000 FCFA grâce à l’intervention d’un agent municipal de Niaguis agissant avec la complicité présumée d’un responsable de l’état civil de Kaour.

L’exploitation des téléphones saisis a ensuite permis aux enquêteurs de découvrir l’existence d’un réseau beaucoup plus vaste. Un démarcheur installé à Ziguinchor a été arrêté avec plusieurs centaines de données fictives liées à différentes mairies, notamment Kaour, Niaguis, Ziguinchor, Enampore et Djouloulou.

Les policiers ont également mis la main sur des certificats de nationalité et des casiers judiciaires falsifiés. Selon les premiers éléments de l’enquête, les tarifs pratiqués variaient entre 6 000 et 250 000 FCFA selon la nature du document recherché et le profil du bénéficiaire, souvent des ressortissants étrangers.

Les investigations ont révélé des procédés particulièrement sophistiqués destinés à contourner les contrôles administratifs. Le réseau utilisait notamment des registres parallèles, des numéros officiels fictifs, des espaces vacants dans les registres clôturés ainsi que des manipulations de références administratives pour substituer des identités.

Plusieurs agents et officiers d’état civil interpellés ont reconnu leur implication dans ce système frauduleux, selon la police. Les investigations se poursuivent afin d’identifier d’éventuelles ramifications supplémentaires.

La Police nationale a réaffirmé sa détermination à lutter contre la fraude documentaire et le trafic de migrants, tout en invitant les populations à collaborer avec les forces de sécurité via le numéro vert 800 00 17 00.

Saphiétou Mbengue
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