Source APS- La thématique du 10e Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique appelle à une profonde réflexion sur les aspects à développer ensemble pour sortir le continent africain du cycle de l’instabilité, a indiqué lundi le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye.
Il s’exprimait à l’ouverture officielle de l’édition 2026 du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité qui est axée sur le thème : ‘’ l’Afrique face aux défis de stabilité, d’intégration et de souveraineté : quelles solutions durables ?’’.
‘’Cette thématique nous appelle à une réflexion profonde sur ce que nous devons faire ensemble, dans la solidarité, pour sortir notre continent du cycle de l’instabilité et en faire un espace pacifique, intégré, souverain et prospère’’, a notamment déclaré le président Faye.
Le chef de l’Etat sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a souligné lundi à Diamniadio, la nécessité pour le continent africain d’assumer clairement sa souveraineté en étant un acteur dynamique de la recomposition en cours des équilibres mondiaux.
“L’Afrique ne doit plus se contenter d’être le centre des convoitises entre grandes puissances, ni de rivalités énergétiques et minières. Elle ne doit pas non plus rester spectatrice de la recomposition en cours des équilibres mondiaux. Nous devons en être des acteurs plus dynamiques et à part entière”, a-t-il notamment déclaré.
Intervenant à l’ouverture officielle du 10e Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, le président sénégalais a indiqué que le continent africain devait clairement assumer sa souveraineté.
“Nous ne devons plus accepter que notre agenda sécuritaire soit défini ailleurs ; que nos priorités soient dictées par des intérêts étrangers ; notre espace stratégique soit occupé sans notre consentement”, a-t-il martelé.
Pour le chef de l’Etat sénégalais, Dakar, par la tenue depuis 10 ans de son Forum sur la paix et la sécurité en Afrique, s’est affirmée comme une capitale du dialogue stratégique africain et international, d’introspection et d’échanges sur les voies et moyens d’explorer des solutions endogènes aux défis sécuritaires du continent.
“Au moment où nous sommes réunis ici pour la 10e édition, cette conviction n’a pas faibli, au contraire, elle s’est renforcée au contact de la réalité”, a laissé entendre Bassirou Diomaye Faye, ajoutant que le monde est actuellement marqué par une profonde instabilité avec des crises majeures aux impacts colossaux.
Ces crises ont fragilisé les consensus multilatéraux, remis en cause les alliances et les équilibres régionaux et nous rappellent surtout que la barbarie n’est jamais loin, a-t-il dit en évoquant le conflit à Gaza avec ses images tragiques qui blessent les consciences et affectent les âmes sensibles.
Le chef de l’Etat sénégalais est d’avis que le monde subit depuis deux ans des fractures commerciales profondes entre grandes puissances, avec une volonté notoire de retour au protectionnisme économique et au repli sur soi sans précédent.
“Pendant ce temps, notre continent, loin d’être protégé, subit les effets de toutes ces crises et doit faire face, en plus, à des menaces plurielles telles que les conflits armés et le terrorisme ; la criminalité transfrontalière organisée et la piraterie maritime”, a-t-il fait remarquer.
Il n’a pas manqué d’évoquer l’expansion du terrorisme, la désinformation et la cybercriminalité constituent de sérieuses menaces à nos démocraties et à nos infrastructures critiques.
Face à une telle situation, le continent africain n’est pas sans réponse, a-t-il souligné, martelant que des progrès notables ont été enregistrés dans la prévention des conflits et le maintien de la paix.
‘’L’Union africaine et les Communautés économiques régionales, en particulier la CEDEAO, ont démontré leur capacité à intervenir, par le déploiement de forces de maintien de la paix’’, a-t-il fait valoir, admettant toutefois que les architectures en plaace avaient des limites.
Faisant une analyse de la situation, Bassirou Diomaye Faye a évoqué des mandats parfois flous, des financements incertains, des capacités opérationnelles insuffisantes, et surtout, une déconnexion trop fréquente entre les décisions prises ailleurs et les réalités vécues sur le terrain.
Il a ainsi mis en avant l’urgence de réorienter les réponses collectives pour les rendre plus agiles, plus efficaces, plus ancrées dans les besoins réels des populations.

