Dans le passage le plus politique de son discours, hier au congrès, Ousmane Sonko a averti contre les risques de déviation du projet porté par PASTEF. Sans citer de noms, il a évoqué la tentation qui peut exister chez certains responsables de s’éloigner de la dynamique populaire ayant conduit à l’alternance de 2024.
Revenant sur les années de confrontation avec le régime précédent, Ousmane Sonko a rappelé les arrestations, les emprisonnements, la dissolution du parti ainsi que les violences ayant marqué la période 2021-2024.
Il a rendu hommage aux militants emprisonnés, aux familles touchées par la répression et aux personnes décédées lors des manifestations, qu’il a qualifiées de « martyrs » de la lutte pour l’alternance.
Le Premier ministre a insisté sur le fait que la révolution démocratique portée par les urnes pouvait être fragilisée si elle perdait son ancrage populaire.
« Il arrive parfois que certains, au sommet même de l’État, soient tentés de prendre de la distance avec la dynamique populaire qui les a portés », a-t-il déclaré, soulignant que ce risque existe dans toutes les expériences de transformation politique.
Face à cette éventualité, il a assuré que le projet de PASTEF repose avant tout sur une conscience collective, un parti organisé et un peuple mobilisé, plutôt que sur des trajectoires individuelles.
Ousmane Sonko a également mis en garde contre « l’embourgeoisement » des élites politiques et contre la tentation de transformer la révolution en simple carrière ou en alternance classique.
Se projetant vers l’avenir, il a décrit sa vision d’un Sénégal où les richesses nationales financeraient prioritairement l’éducation, la santé, la recherche et les infrastructures, tout en garantissant des perspectives à la jeunesse.
Il a enfin appelé les militants à préserver les valeurs qu’il considère comme fondatrices du combat de PASTEF : le jom, le ngor, le kersa, le sens du mbokk, la solidarité et la dignité.
« Le Sénégal attend de nous des résultats. L’Afrique attend de nous un exemple », a-t-il conclu, avant d’inviter ses partisans à « organiser la souveraineté, transformer l’État et servir le peuple ».

