L’organisation Horizon Sans Frontières tire la sonnette d’alarme face aux violences visant des migrants africains en Tunisie et en Afrique du Sud. Son président, Boubacar Sèye, appelle les gouvernements, l’Union africaine et la société civile à agir pour protéger les ressortissants subsahariens.
L’organisation Horizon Sans Frontières a exprimé sa vive inquiétude face à la multiplication des violences et actes discriminatoires visant des migrants subsahariens en Tunisie et en Afrique du Sud.
Dans une déclaration intitulée « Le naufrage moral d’une Afrique qui abandonne ses propres enfants », son président, Boubacar Sèye, dénonce une situation qu’il juge alarmante pour les droits humains sur le continent.
Selon l’organisation, des milliers de migrants originaires d’Afrique subsaharienne sont confrontés à des agressions physiques, à des discriminations et à des discours de haine dans plusieurs pays africains où ils ont cherché refuge ou de meilleures opportunités économiques.
En Tunisie, Horizon Sans Frontières évoque des cas d’arrestations ciblées, d’expulsions arbitraires et de violences à caractère raciste documentés par des organisations de défense des droits humains.
L’organisation s’inquiète également de la résurgence d’actes xénophobes en Afrique du Sud, où des ressortissants de plusieurs pays africains auraient été pris pour cible lors de violences ayant touché des commerces et des quartiers fréquentés par des étrangers.
Pour Boubacar Sèye, ces phénomènes traduisent une instrumentalisation des difficultés économiques et sociales, certains migrants étant présentés comme responsables de problèmes qui les dépassent largement.
Le président d’Horizon Sans Frontières rappelle au contraire que les migrants participent activement à l’économie des pays d’accueil à travers leurs activités commerciales, leurs investissements et leur contribution à la vie économique locale.
Face à cette situation, l’organisation appelle les autorités tunisiennes et sud-africaines à renforcer la protection des migrants présents sur leur territoire. Elle exhorte également l’Union africaine à adopter une position plus ferme, tout en invitant les États africains à assurer une meilleure protection consulaire de leurs ressortissants.
Enfin, Horizon Sans Frontières lance un appel aux médias, aux leaders d’opinion et aux organisations de la société civile afin qu’ils combattent les discours de haine et favorisent les valeurs de solidarité et de fraternité entre les peuples africains. Pour l’organisation, la dignité des migrants demeure une question fondamentale qui ne saurait être négociée.

