« Charité bien ordonnée commence par soi-même ». C’est à partir de cet adage qu’Abdoulaye Gallo Diao, membre du Bureau politique du Parti socialiste et secrétaire national adjoint chargé des TIC, construit sa critique de la politique de transparence défendue par Ousmane Sonko et la majorité parlementaire de Pastef.
Dans une contribution consacrée à la déclaration de patrimoine, il estime que le renforcement des obligations imposées aux responsables publics ne peut être crédible que s’il s’applique à tous, sans distinction politique.
Abdoulaye Gallo Diao rappelle que cette volonté de renforcer les obligations déclaratives s’est notamment traduite par l’adoption de la loi n°2025-13 relative à la déclaration de patrimoine, qui a élargi le champ des personnes soumises à cette exigence.
Mais, selon lui, une contradiction apparaît lorsqu’on compare cette volonté de renforcer les règles de transparence avec les comportements des principaux responsables politiques.
Diomaye Faye et Sonko : deux approches différentes
L’auteur met notamment en parallèle les attitudes du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et celle d’Ousmane Sonko.
Il rappelle que, le 22 mars 2024, soit deux jours avant l’élection présidentielle, Bassirou Diomaye Faye, alors candidat, avait volontairement rendu publique sa déclaration de patrimoine.
À l’inverse, Abdoulaye Gallo Diao reproche à Ousmane Sonko, ancien Premier ministre et actuel président de l’Assemblée nationale, de ne pas avoir rendu volontairement publique sa propre déclaration de patrimoine, malgré les interrogations qui circuleraient à son sujet.
L’auteur évoque notamment des interrogations portant sur l’ampleur supposée de son patrimoine, ainsi que sur de présumées pratiques de dissimulation de biens ou de recours à des prête-noms. Il mentionne également les questions soulevées autour des moyens financiers dont disposait l’ancien Premier ministre, notamment les 1,77 milliard de francs CFA par trimestre évoqués au titre des fonds politiques.
Ces éléments sont présentés par l’auteur comme des interrogations nécessitant davantage de transparence et de traçabilité, et non comme des faits judiciairement établis.
Les commissions d’enquête au cœur de la controverse
Abdoulaye Gallo Diao étend ensuite sa critique à la session extraordinaire de l’Assemblée nationale ouverte le 10 août 2026, au cours de laquelle figurent notamment des demandes de création de commissions d’enquête parlementaire.
Pour lui, la question est de savoir pourquoi des mécanismes similaires de contrôle parlementaire n’auraient pas été engagés lorsque Ousmane Sonko était encore Premier ministre et bénéficiait du soutien de la majorité parlementaire.
L’auteur estime que l’utilisation de ces prérogatives après son départ de la Primature peut donner l’impression d’un contrôle parlementaire devenu un instrument de confrontation politique.
La déclaration de fin de mandat du Président
Autre sujet de controverse soulevé dans la contribution : la proposition de modification de l’article 37 de la Constitution visant à imposer au président de la République une déclaration de patrimoine à la fin de son mandat.
Pour Abdoulaye Gallo Diao, cette initiative pose question dès lors que l’ancien Premier ministre et actuel président de l’Assemblée nationale n’a pas, selon lui, choisi de rendre publique sa propre déclaration.
« Le problème n’est donc pas la transparence », soutient l’auteur, qui dénonce plutôt ce qu’il qualifie de « transparence à géométrie variable ».
Il appelle ainsi les députés de Pastef à faire de la transparence une règle générale plutôt qu’un outil de confrontation politique.
Selon lui, les parlementaires doivent exercer leur mandat dans l’intérêt général et veiller à ce que les exigences de bonne gouvernance s’appliquent indistinctement à tous les responsables publics.

