Débat sur le mandat présidentiel : Cheikhou Oumar Sy appelle à privilégier les réformes aux querelles institutionnelles

Le président de l’OSIDEA et ancien député, Cheikhou Oumar Sy, estime que le débat sur la durée du mandat présidentiel ne doit pas occulter les véritables enjeux du développement du Sénégal. Réagissant aux déclarations d’Arona Coumba Ndoffène Diouf, selon lesquelles aucun chef de l’État ne peut développer le pays en cinq ans, il rappelle que le développement d’une nation est un processus de longue haleine qui dépasse largement un mandat présidentiel.

Selon lui, l’objectif d’un dirigeant n’est pas d’achever le développement en cinq ans, mais de poser les fondations d’une transformation durable grâce à une vision claire, un leadership efficace et des politiques publiques cohérentes. Il souligne que plusieurs pays ont réussi à engager leur mutation économique à travers des réformes structurantes initiées dès les premières années de gouvernance.

Cheikhou Oumar Sy insiste particulièrement sur le rôle central de l’éducation et du capital humain. À ses yeux, le Sénégal doit concentrer ses efforts sur la formation d’une main-d’œuvre hautement qualifiée, notamment dans les secteurs stratégiques tels que l’agriculture moderne, l’industrie, la transformation des matières premières, les technologies, les sciences et l’innovation.

L’ancien parlementaire estime que le développement ne saurait être réduit à la réalisation d’infrastructures. Il repose avant tout sur la capacité d’un pays à produire des compétences, à encourager l’innovation et à créer durablement de la richesse.

Dans cette perspective, il considère que le véritable débat ne concerne pas la durée du mandat présidentiel, mais la pertinence des choix stratégiques, la qualité de la gouvernance et la capacité des dirigeants à fédérer les citoyens autour d’un projet national ambitieux. Un chef d’État qui renforce les institutions, améliore la gouvernance et favorise un climat propice à l’investissement aura, selon lui, profondément influencé l’avenir du pays, même si les résultats se manifestent plusieurs années après.

À l’inverse, prévient-il, prolonger la durée du mandat ne constitue en rien une garantie de réussite. Sans vision ni méthode, sept années peuvent produire les mêmes insuffisances qu’un mandat de cinq ans.

Cheikhou Oumar Sy juge ainsi inopportun de relancer aujourd’hui le débat sur la durée du mandat présidentiel, alors que le Sénégal fait face à des défis plus pressants tels que l’emploi des jeunes, la transformation économique, la souveraineté alimentaire, la réforme du système éducatif, la compétitivité industrielle et le renforcement des institutions.

Pour lui, l’énergie nationale doit être orientée vers la mise en œuvre de réformes structurantes plutôt que vers des discussions institutionnelles susceptibles de détourner l’attention des priorités. Il conclut que le véritable héritage d’un chef d’État se mesure moins à la durée de son passage au pouvoir qu’à la solidité des institutions qu’il laisse, à la qualité du capital humain qu’il contribue à former et à la trajectoire durable qu’il imprime au pays.

Pape Ismaïla CAMARA
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