Le Civisme, La Culture De L’état Et Le Service Civique Comme Fondement Du Redressement National.
Par Serigne Habib Ndaw
Dans ma récente contribution consacrée à L’ANARCHIE GRANDISSANTE À DAKAR, j’avais attiré l’attention sur les multiples formes de désordre qui affectent notre capitale : occupations anarchiques de l ‘espace public, non-respect du code de la route, dégradation des infrastructures, insalubrité, incivisme et banalisation des atteintes au bien commun.
Ces phénomènes, loin d’être anecdotiques, traduisent une crise plus profonde : celle de notre rapport à l ‘État de droit et à l’intérêt général.
Quand l’incivisme devient un frein au développement
Notre sagesse populaire nous enseigne :
» ku bey sa bànneex , gôb saw naquar . »
» Celui qui cultive son plaisir finit par récolter une
une profonde douleur. »
Cette vérité rejoint la pensée intemporelle de Platon :
» Partout où l ‘incivisme, l ‘indisipline et l ‘insubordination ont régné, les peuples ont sombré dans le chaos et reculé de plusieures décennies dans leur projet de construction d ‘une société à visage humain »
Ces deux enseignements, l’un issu de notre patrimoine culturel, et l’autre de la philosophie universelle, nous rappellent qu’aucune nation ne peut durablement prospèrer sans discipline, sans respect des règles communes et sans citoyens conscients de leurs devoirs .
Le Véritable Chantier : Former Le Citoyen.
Il serait illusoire de croire que ces dérives disparaîtront uniquement par la répression. Les sanctions sont indispensables, mais elles ne suffisent pas. Elles doivent êtres accompagnées d ‘une politique permanente de prévention, d’éducation et de responsabilité.
Le Sénégal gagnerait ainsi à ériger le Civisme, Le Patriotisme, La Culture De L’état Et Le Sens De La Responsabilité Au Rang De Grande Cause Nationale.
Un plan national permanent d’éducation Civique.
Il est devenu indispensable de mettre en œuvre un plan national permanent d’éducation civique, mobilisant l’ ensemble des forces vives de la Nation : les familles, les écoles, les daras, les universités, les forces de défense et de sécurité, les médias, les réseaux sociaux, les guides religieux, les autorités coutumieres, les organisations de jeunesse, les associations de la société civile ainsi que toutes les institutions de la République.
Cette sensibilisation devrait être permanente et non circonstancielle, afin que le respect du bien public, des lois et des institutions deviennent un réflexe citoyen.
Comme le rappelle si justement notre sagesse :
» Fagaru moo gën faj »
» Mieux vaut prévenir que guérir »
Le Service Civique : Une École De La République.
La relance d’un service civique national permanent, destiné à tous les jeunes Sénégalais, filles et garçons, sans distinction, constituerait une formidable école de citoyenneté.
Il permettrait de développer la discipline, le sens de l’effort, la solidarité, le respect de l’autorité légitime, la protection des biens publics et l’amour de la patri.
Le Préalable Du » Jub, Jubal, Jubbanti »
Le succès de toute politique publique repose avant tout sur la qualité des femmes et des hommes chargés de la faire vivre.
Les infrastructures se construisent en quelques années. Les citoyens, eux, se forment pendant toute une vie.
C’est pourquoi il convient de rappeler cette vérité essentielle :
Le préalable du » jub, jubbal, jubbanti » demeure le » YAAR » ( l’éducation) .
Le redressement durable du Sénégal ne passera pas seulement par les grands projets ou les réformes institutionnelles, il passera d’abord par la renaissance du civisme, du patriotisme, de la culture de l’Etat et de la responsabilité individuelle.
L’heure est venue de faire de l’éducation citoyenne le premier chantier de la république.
Beugg Sa Réew
Geum Sa Réew
Fonk Sa Réew
Moom Sa Réew
Djërign Sa Réew
Monsieur
Serigne Habib Ndaw Octogénaire Engagé Au Service De La Nation.
Mail. Ndaw.Habib45@Gmail.Com
Dakar, Le 03 Août 2026

