Concertations nationales : la CNES dénonce la marginalisation du secteur privé dans la gestion de la crise économique

Dans une tribune au ton particulièrement critique, le président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), Abd’El Kader Ndiaye, accuse les autorités d’ignorer les préoccupations du secteur privé. Il appelle à replacer l’économie au cœur des concertations nationales.

« Les entreprises ne peuvent plus attendre »

Pour Abd’El Kader Ndiaye, le Sénégal traverse une période où les débats politiques occupent l’essentiel de l’espace public au détriment des questions économiques.

Le président de la CNES estime que depuis l’arrivée du nouveau régime, les entreprises sont insuffisamment associées aux réflexions stratégiques menées par les pouvoirs publics, alors même qu’elles constituent l’un des principaux moteurs de création de richesses et d’emplois.

Selon lui, les opérateurs économiques font face simultanément à plusieurs difficultés : retards dans le paiement de la dette intérieure, tensions sociales persistantes et manque de visibilité sur les perspectives économiques.

Une accumulation de crises

La CNES considère que la situation actuelle résulte d’une succession de chocs ayant fragilisé l’économie nationale.

Parmi les facteurs évoqués figurent les conséquences de la pandémie de Covid-19, les troubles sociopolitiques enregistrés entre 2021 et 2024, les incertitudes électorales et les effets de l’affaire dite de la « dette cachée » sur la confiance des investisseurs.

Pour Abd’El Kader Ndiaye, l’absence de réponses fortes à ces préoccupations risque d’aggraver les difficultés économiques du pays.

Le patronat réclame sa place à la table des discussions

L’une des principales critiques formulées concerne l’exclusion présumée des acteurs économiques des concertations nationales.

La CNES estime que les entreprises privées, qui représenteraient plus de 90 % des emplois et plus de 85 % des investissements productifs, devraient être pleinement associées à la définition des politiques publiques de relance.

Le patronat juge paradoxal que les questions économiques n’aient pas occupé une place centrale lors des récentes concertations nationales.

Une conférence de presse annoncée

Face à ce qu’elle qualifie de « dialogue de sourds », la CNES annonce une nouvelle stratégie consistant à porter davantage ses propositions dans l’espace public.

Une conférence de presse est ainsi prévue le 18 juin 2026 à Dakar afin de présenter le diagnostic du patronat sur la situation économique et les mesures qu’il juge nécessaires pour soutenir la relance.

Tout en affichant sa disponibilité au dialogue, la confédération insiste sur le fait qu’aucune souveraineté économique durable ne pourra être construite sans un secteur privé fort, compétitif et pleinement associé aux décisions stratégiques.

Michel DIEYE

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Michel DIEYE

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