Le collectif Noo Lank a décidé de saisir la justice pour obtenir la fixation de la date des prochaines élections départementales et municipales. Dans un communiqué publié vendredi 14 août 2026, l’organisation annonce avoir introduit une requête en référé mesures utiles auprès de la Chambre administrative de la Cour suprême.
La procédure a été engagée par le secrétaire général de Noo Lank, Seydina Mouhamadou Malal Diallo. La requête, enregistrée au Greffe central sous le n°396 du rôle général, a également été signifiée à l’agent judiciaire de l’État.
Le collectif fonde sa démarche sur l’article 86 de la loi organique n°2017-09 du 17 janvier 2017 relative à la Cour suprême, telle que modifiée.
À travers cette procédure, Noo Lank demande au juge des référés d’enjoindre à l’État du Sénégal de fixer, par décret, la date des élections départementales et municipales, conformément aux dispositions du Code électoral.
Un mandat qui expire le 23 janvier 2027
Pour justifier l’urgence de sa démarche, Noo Lank rappelle que les conseillers départementaux et municipaux ont été élus le 23 janvier 2022, pour un mandat de cinq ans.
Selon le collectif, le mandat actuel arrive donc légalement à échéance le 23 janvier 2027.
Il s’appuie notamment sur les articles L.236 et L.269 du Code électoral, qui prévoient que les élections doivent se tenir dans les trente jours précédant l’expiration de la cinquième année du mandat et, en tout état de cause, au cours de cette cinquième année.
Or, à la date du dépôt de la requête, aucun décret n’avait encore fixé officiellement la date du prochain scrutin.
Pour Noo Lank, cette situation devient d’autant plus préoccupante que plusieurs étapes préparatoires sont encadrées par des délais précis.
Le délai du 26 août en ligne de mire
Le collectif attire particulièrement l’attention sur la fixation de la caution de candidature, qui doit intervenir au moins 150 jours avant la date du scrutin.
Si les élections doivent impérativement se tenir au plus tard le 23 janvier 2027, Noo Lank estime que ce délai arrive à échéance le 26 août 2026.
D’autres opérations électorales doivent également respecter des délais incompressibles, notamment le dépôt des candidatures et la convocation du corps électoral.
Selon le collectif, chaque jour supplémentaire sans fixation officielle de la date du scrutin réduit donc la marge de manœuvre nécessaire à l’organisation régulière des élections.
Noo Lank évoque ainsi un risque croissant de voir les différentes opérations électorales se retrouver contraintes par le temps.
« Le calendrier électoral n’est pas une variable d’ajustement »
Dans son communiqué, le collectif précise que sa démarche judiciaire n’a pas pour objectif d’influencer le choix des électeurs ni de s’immiscer dans le débat politique.
Il affirme vouloir uniquement obtenir l’application effective des dispositions du Code électoral et préserver ce qu’il appelle le « calendrier républicain ».
Noo Lank dit ainsi attendre de la justice qu’elle constate l’urgence et l’utilité d’une intervention juridictionnelle permettant à l’État de respecter les différentes échéances prévues par la loi.
Le collectif annonce qu’il suivra attentivement les suites réservées à sa requête et informera l’opinion publique de l’évolution de la procédure.
Dans sa conclusion, Noo Lank martèle son principe : « Le calendrier électoral n’est pas une variable d’ajustement : lorsqu’une échéance est fixée par la loi, elle s’impose à tous. »
La saisine de la Cour suprême ouvre ainsi un nouveau front autour de l’organisation des élections territoriales de 2027, à quelques mois de l’échéance annoncée du mandat des élus locaux.

