Lutte contre la pêche INN : 86 parties désormais engagées dans l’Accord sur les mesures du ressort de l’État du port

La communauté internationale célèbre les dix ans d’entrée en vigueur de l’Accord sur les mesures du ressort de l’État du port (PSMA), considéré comme un instrument majeur dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

Selon un communiqué de la FAO, une cérémonie consacrée à cet anniversaire s’est tenue en marge de l’ouverture de la 37e session du Comité des pêches (COFI), organisée du 7 au 11 septembre au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, à Rome.

Négocié sous l’égide de la FAO, le PSMA constitue le premier accord international juridiquement contraignant consacré spécifiquement à la lutte contre la pêche INN. Son objectif est notamment d’empêcher les navires pratiquant ce type d’activités d’utiliser les ports et d’y débarquer leurs prises.

Le traité compte désormais 86 parties représentant 110 membres de la FAO. Près des trois quarts des États côtiers sont ainsi liés à cet accord. La Moldavie figure parmi les derniers pays à avoir officiellement déposé ses instruments d’adhésion.

Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, a salué cette progression, estimant que l’augmentation du nombre de membres traduit une prise de conscience croissante de la nécessité d’une coopération transfrontalière et interrégionale pour lutter efficacement contre la pêche INN.

Le dispositif prévoit notamment que les parties vérifient la conformité des navires étrangers avant d’autoriser leur entrée dans leurs ports. Il permet ainsi de renforcer les contrôles et d’empêcher que les produits issus de la pêche illégale ne parviennent aux marchés internationaux.

Plus de 22 000 inspections sont réalisées chaque année dans près de 700 ports désignés par les États parties. La FAO indique par ailleurs avoir apporté une assistance technique et un appui au renforcement des capacités à plus de 80 de ses États membres.

La cérémonie anniversaire a réuni des ministres et des personnalités de haut niveau représentant notamment la Chine, la France, le Ghana, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’Arabie saoudite et les États-Unis.

Dans le cadre de la 37e session du COFI, les participants doivent examiner les principaux défis auxquels sont confrontées les pêches et l’aquaculture mondiales. Parmi les thèmes au programme figurent la lutte contre la pêche INN, l’adaptation au changement climatique, le développement de la pêche et de l’aquaculture artisanales ainsi que la gouvernance internationale des océans.

La FAO rappelle que la production mondiale de la pêche et de l’aquaculture a atteint un niveau record de 235 millions de tonnes en 2024. Le secteur a généré 184 milliards de dollars d’échanges commerciaux et assuré les moyens de subsistance de plus de 600 millions de personnes à travers le monde.

Les travaux du COFI porteront également sur l’innovation aquacole, la traçabilité, les nouvelles technologies, la biodiversité marine et la transformation des systèmes alimentaires aquatiques. Une attention particulière sera accordée à la participation des jeunes et au leadership des femmes dans la construction d’une économie bleue durable.

À l’occasion de l’ouverture de la session, Qu Dongyu a par ailleurs remis la médaille Margarita Lizárraga à l’agence des pêches du Forum des îles du Pacifique, qui regroupe 17 membres et a son siège aux Îles Salomon.

Pape Ismaïla CAMARA
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