L’Alliance des Syndicats autonomes de la Santé (ASAS) – And Gueusseum monte au créneau pour défendre Ansoumana Dione et le Centre d’assistance aux malades mentaux de Kaolack. Dans une déclaration rendue publique, l’organisation syndicale affirme son « soutien total et indéfectible » au président-fondateur de l’ASSAM et s’oppose à toute tentative visant, selon elle, à le déposséder de la direction de la structure.
Selon Vox Populi, And Gueusseum estime que l’ASSAM revendique la propriété du centre et qu’Ansoumana Dione en assure depuis plusieurs années la gestion ainsi que la prise en charge des malades mentaux errants.
Le syndicat dénonce, dans ce contexte, une série de mesures qu’il juge défavorables à l’intéressé, notamment après la rupture de son contrat de conseiller à la Direction générale de l’Action sociale. Une visite sur le site et une audition des différentes parties ont été effectuées par l’administration régionale de Kaolack et la Gendarmerie. D’après And Gueusseum, ces démarches n’auraient toutefois pas permis de réunir des éléments justifiant les mesures envisagées contre Ansoumana Dione.
L’organisation s’interroge dès lors sur les raisons de ce qu’elle qualifie d’« acharnement », rappelant l’engagement bénévole de ce dernier en faveur des personnes souffrant de troubles mentaux et souvent laissées à elles-mêmes.
And Gueusseum met également en avant la reconnaissance internationale dont Ansoumana Dione doit bénéficier prochainement. Celui-ci doit recevoir en octobre 2026 un titre de Docteur Honoris Causa à Bangui, en République centrafricaine, lors d’une cérémonie annoncée en présence du président Faustin-Archange Touadéra.
Pour le syndicat, cette distinction devrait plutôt inciter les pouvoirs publics à renforcer leur soutien aux initiatives consacrées aux personnes vulnérables. Il estime que la remise en cause de l’existence du centre ne saurait constituer une réponse adaptée aux difficultés de la santé mentale au Sénégal.
Vox Populi rapporte qu’And Gueusseum appelle par ailleurs le ministre de la Santé à accorder une attention particulière à la situation de la santé mentale, marquée, selon le syndicat, par des déficits en ressources humaines spécialisées, en infrastructures et en continuité des soins.
La situation de Kaolack est jugée particulièrement préoccupante. À partir de 15 heures, la région disposerait de très peu de possibilités de prise en charge psychiatrique spécialisée, contraignant de nombreux patients à être orientés vers Dakar.
Dans ce contexte, And Gueusseum considère l’action de l’ASSAM comme un complément aux efforts du système public et non comme une menace. Le syndicat affirme que les pensionnaires du centre bénéficient d’une prise en charge gratuite comprenant notamment un suivi médical, l’accès aux traitements, les soins d’hygiène, l’alimentation et l’habillement.
L’organisation demande donc à l’État de renforcer son accompagnement et appelle le président Bassirou Diomaye Faye à veiller à ce qu’Ansoumana Dione puisse poursuivre son engagement auprès des malades mentaux. Elle souhaite également que les autorités accompagnent son déplacement à Bangui pour recevoir sa distinction.
Pour And Gueusseum, l’engagement en faveur des malades mentaux « ne mérite pas d’être freiné », mais plutôt soutenu par une organisation claire et des moyens adaptés

