L’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) salue la position exprimée par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô lors de sa Déclaration de politique générale, notamment sa condamnation des discours et attitudes xénophobes visant les étrangers. Dans un communiqué publié le 9 septembre 2026, l’organisation de défense des droits humains estime toutefois nécessaire de rappeler les principes juridiques qui doivent encadrer la politique migratoire de l’État.
Pour ADHA, la souveraineté de l’État en matière de contrôle des frontières ne saurait être remise en cause. Les autorités disposent, en effet, du droit de réglementer l’entrée et le séjour des étrangers sur le territoire national. Mais l’exercice de cette prérogative doit impérativement s’effectuer dans le respect de la dignité humaine, de l’égalité devant la loi et du principe de non-discrimination.
« L’État dispose du droit souverain de contrôler ses frontières et de réglementer l’entrée et le séjour des étrangers », rappelle l’organisation, qui souligne toutefois que cette compétence doit s’exercer dans le respect des droits fondamentaux. ADHA s’appuie notamment sur la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, à laquelle le Sénégal est partie, ainsi que sur la Constitution sénégalaise qui place le respect de la personne humaine au cœur de l’ordre juridique national.
L’organisation insiste surtout sur la nécessité de ne pas confondre immigration irrégulière et xénophobie. Une personne en situation irrégulière peut faire l’objet des mesures prévues par la législation en vigueur, mais son statut administratif ne saurait justifier des actes de stigmatisation, de haine ou d’humiliation fondés sur sa nationalité ou son origine.
Cette distinction apparaît d’autant plus importante dans un contexte où les questions liées à l’immigration, à la présence de ressortissants étrangers et au respect des règles de séjour suscitent régulièrement des réactions dans l’opinion publique. Pour ADHA, la fermeté dans l’application des lois doit donc aller de pair avec la protection des droits de toute personne présente sur le territoire.
Dans son communiqué, l’organisation encourage ainsi le Gouvernement à donner une traduction concrète à sa condamnation de la xénophobie. Cela devrait passer, selon elle, par des actions contre les discours de haine, les discriminations et les traitements dégradants, tout en maintenant un dispositif efficace de contrôle migratoire.
« Il faut donc distinguer clairement immigration irrégulière et xénophobie », insiste ADHA, qui considère qu’une irrégularité au regard du droit du séjour peut appeler une réponse légale, mais ne saurait en aucun cas légitimer la haine ou la discrimination.
L’organisation résume sa position autour de cinq principes : oui au contrôle légal des frontières, oui au respect des lois, mais non à la xénophobie, aux amalgames et à la discrimination.
ADHA estime, en définitive, que la solidité d’un État de droit se mesure aussi à sa capacité à faire respecter ses règles sans porter atteinte à la dignité des personnes. « Un État de droit doit être assez fort pour contrôler ses frontières, mais assez juste pour protéger la dignité de toute personne », conclut le président de l’organisation, Adama Mbengue.

