Le dialogue se poursuit entre les organisations syndicales et le patronat dans un contexte social marqué par un préavis de grève générale de 72 heures. Les présidents du Conseil national du patronat du Sénégal (CNP), Baïdy Agne, et de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), Abdel Kader Ndiaye, ont reçu lundi 7 septembre les secrétaires généraux de plusieurs centrales syndicales réunies au sein du Front syndical pour la Défense du Travail.
Au cours de cette rencontre, le Front a exposé les motifs à l’origine de son préavis de grève et de sa campagne de mobilisation à travers le pays. Les centrales syndicales contestent notamment l’adoption par l’Assemblée nationale du Code du travail et du Code de la sécurité sociale sans, selon elles, l’achèvement préalable des concertations avec les partenaires sociaux.
Elles invoquent également la nécessité de préserver la liberté syndicale, les droits fondamentaux des travailleurs et les acquis du dialogue social tripartite. Les syndicats dénoncent en outre une violation présumée de la Convention 144 de l’Organisation internationale du travail (OIT), relative aux consultations tripartites.
Autre point de désaccord : les nouvelles dispositions relatives au contrat à durée déterminée (CDD), que les syndicats jugent susceptibles d’accroître la précarité des travailleurs. Ils contestent enfin certaines dispositions concernant l’autonomie de gestion et la gouvernance des institutions sociales.
Dans son communiqué, le patronat reconnaît plusieurs des préoccupations exprimées par les centrales syndicales. Il partage notamment leurs réserves concernant le processus d’adoption des deux Codes et estime qu’il serait regrettable de compromettre la qualité du dialogue social dont le Sénégal s’est longtemps prévalu.
Concernant le CDD, le patronat relève que la rédaction de la disposition portant sur une durée de quatre ans peut donner lieu à différentes interprétations et à des contentieux. Il se prononce ainsi, en l’absence de texte réglementaire interprétatif, pour le maintien des anciennes dispositions, à savoir un CDD de deux ans renouvelable une fois.
Sur la gouvernance des institutions sociales, les employeurs déplorent également que le consensus tripartite dégagé lors du Conseil consultatif national du Travail n’ait pas été suffisamment pris en compte.
Le patronat s’oppose toutefois à l’idée d’une grève générale, estimant qu’une telle action pourrait avoir des conséquences importantes sur une économie déjà confrontée à un contexte difficile. Il appelle donc à la poursuite des concertations.
Dans son communiqué, le Front syndical pour la Défense du Travail rappelle de son côté ses principales revendications et sa volonté de défendre les droits et acquis des travailleurs.
Le patronat souligne par ailleurs la récente directive présidentielle relative à la revalorisation des pensions de retraite et à la préservation des acquis liés à la gouvernance des institutions de protection sociale.
L’objectif affiché à l’issue de cette rencontre reste ainsi la reprise des concertations sociales tripartites afin de prévenir une aggravation des tensions et de préserver la stabilité sociale.

