L’état du pont Émile Badiane, à Ziguinchor, suscite une inquiétude croissante chez les populations, les usagers et les acteurs de la société civile. Âgé de plus d’un demi-siècle, l’ouvrage présenterait aujourd’hui d’importants signes de dégradation, ravivant les appels à sa réhabilitation et à la construction urgente d’un deuxième pont.
Dans un article publié par Sud Quotidien, plusieurs acteurs locaux alertent sur les risques liés à l’état actuel de cet ouvrage stratégique, qui constitue un passage essentiel pour les populations et les activités économiques de Ziguinchor et de nombreuses localités de la Casamance.
Le coordonnateur du mouvement Vision Citoyenne, Madiadiop Sané, juge la situation particulièrement préoccupante. Il dénonce notamment des réparations qu’il considère comme insuffisantes face à l’état de dégradation du pont.
Les inquiétudes sont particulièrement fortes lors du passage des poids lourds. Certains chauffeurs affirment ressentir des vibrations importantes lorsque les gros porteurs traversent l’ouvrage, ce qui alimente les interrogations sur sa capacité à supporter durablement le trafic.
Selon les témoignages rapportés par Sud Quotidien, des accidents ayant occasionné des pertes en vies humaines se sont déjà produits sur cet axe. Le pont supporterait quotidiennement des centaines de véhicules et d’importants tonnages de marchandises.
La controverse porte également sur le projet de construction d’un deuxième pont à Ziguinchor. Les autorités avaient annoncé une cérémonie de pose de la première pierre pour le 31 juillet 2026. Mais cette échéance a finalement été reportée, suscitant frustration et incompréhension chez les populations.
Pour Madiadiop Sané, ce report pose notamment la question du financement du projet. Face à la montée des inquiétudes, des voix s’élèvent pour demander aux pouvoirs publics d’accélérer le processus.
Au-delà des annonces, les populations de Ziguinchor et de la Casamance considèrent désormais la construction d’un deuxième pont comme une nécessité urgente, aussi bien pour renforcer la sécurité des usagers que pour soutenir la mobilité et les activités économiques de la région.

