Trafic de médicaments réglementés : la police démantèle un système frauduleux à Thiès et Tivaouane, un vigile d’hôpital au cœur d’un réseau

Une enquête ouverte par le poste de police de Nguinth a conduit à l’arrestation d’un agent de sécurité de l’hôpital Mame Abdou Aziz Sy Dabakh de Tivaouane, soupçonné d’avoir fabriqué de fausses ordonnances pour permettre l’acquisition de médicaments psychotropes. L’affaire met en lumière un trafic impliquant notamment l’Alpraz et le Lexomil, deux produits dont la délivrance est strictement encadrée.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, l’affaire a démarré le 10 juin après le signalement effectué par le propriétaire de la Pharmacie Rond-Point Nguinth, à Thiès. Celui-ci a alerté les forces de l’ordre après la visite répétée d’un individu venu acheter de l’Alpraz 1 mg sur présentation d’ordonnances jugées suspectes.

Interpellé, le client, identifié sous le nom d’El Hadji Safiye Cissé, a expliqué souffrir de troubles du sommeil. Il a toutefois reconnu s’approvisionner en ordonnances auprès d’un homme surnommé « Capitaine », présenté comme agent de sécurité à l’hôpital Mame Abdou Aziz Sy de Tivaouane.

Les investigations ont permis de découvrir sur lui plusieurs ordonnances portant le cachet du docteur Mamadou Ka, des comprimés d’Alpraz et de Lexomil ainsi qu’une somme de 740 000 francs CFA. L’exploitation de son téléphone portable a également révélé plusieurs photographies d’ordonnances similaires.

Toujours selon Libération, les enquêteurs, agissant sur instruction du procureur de Thiès, ont procédé à l’interpellation de Mamadou Niang Ndiaye, dit « Capitaine ». Face aux policiers, ce dernier aurait reconnu avoir récupéré un cachet médical et subtilisé des ordonnances vierges dans des bureaux de médecins avant de les remplir lui-même contre rémunération.

Une perquisition menée à son domicile a permis la saisie d’un cachet nominatif au nom du médecin concerné. Les premiers éléments de l’enquête laissent apparaître un système organisé permettant l’obtention irrégulière de médicaments psychotropes soumis à une réglementation stricte.

Les deux hommes ont été placés en garde à vue pour plusieurs chefs d’accusation, notamment association de malfaiteurs, faux et usage de faux, exercice illégal de la médecine, vol et offre ou cession de drogue à des fins de consommation personnelle. L’enquête se poursuit afin de déterminer l’étendue exacte du réseau et d’identifier d’éventuels complices

Oumou Khaïry NDIAYE
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