Casamance : reprise des opérations de déminage pour accélérer le retour des populations et la relance économique

Après une période de ralentissement, le Centre national d’action anti-mines au Sénégal (Cnams) a officiellement relancé ses opérations de déminage humanitaire en Casamance. Une étape jugée essentielle pour favoriser le retour des populations déplacées, restaurer les activités économiques et soutenir la mise en œuvre du Plan Diomaye pour la Casamance.

La cérémonie de lancement s’est tenue dans le village de Mandina-Manjack, dans la région de Ziguinchor, sous la présidence du gouverneur Mor Talla Tine. L’événement marque une nouvelle phase dans les efforts de sécurisation des zones encore affectées par les mines et engins explosifs hérités du conflit casamançais.

Selon le quotidien Libération, le directeur du Cnams, Salomon Diédhiou, a rappelé que le déminage dépasse largement la seule dimension sécuritaire. Il constitue un levier déterminant pour la réinstallation des populations, la construction d’infrastructures et la relance des activités agricoles et économiques.

« Chaque terre libérée devient une opportunité de produire, d’investir et de bâtir l’avenir », a-t-il souligné, en insistant sur l’objectif de restituer aux populations des terres exploitables et sûres.

Le responsable a toutefois mis en avant plusieurs défis persistants, notamment l’accès difficile à certaines zones, l’insécurité résiduelle dans certaines localités, l’existence de nombreuses zones suspectes et l’insuffisance des ressources financières nécessaires aux opérations.

Face à ces contraintes, le directeur du Cnams a plaidé pour un financement durable, le renforcement des capacités opérationnelles et l’acquisition d’équipements adaptés. Il a également lancé un appel aux partenaires techniques et financiers afin de soutenir davantage les efforts de déminage.

Pour le gouverneur Mor Talla Tine, ces opérations s’inscrivent pleinement dans les engagements internationaux du Sénégal, notamment ceux liés à la Convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel. Elles constituent également un pilier important du Plan Diomaye pour la Casamance, aux côtés du renforcement de la sécurité et de l’inclusion économique.

Les populations de Mandina-Manjack ont salué cette relance, réaffirmant leur disponibilité à accompagner les autorités dans leur ambition d’éradiquer définitivement la menace des mines antipersonnel dans la région.

Oumou Khaïry NDIAYE
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