Au marché central de Thiès, l’hivernage se fait sentir jusque dans les porte-monnaie. Depuis plusieurs semaines, les prix de nombreux légumes et produits halieutiques connaissent une hausse qui inquiète consommateurs et commerçants.
Selon le quotidien EnQuête, les premières heures de la matinée sont marquées par une forte affluence au marché central de Thiès. Mais derrière l’animation habituelle, une réalité préoccupe les ménages : la hausse généralisée du prix des produits de consommation courante.
Tomates, piments, aubergines, carottes et autres légumes affichent des tarifs en nette progression. Le kilogramme de carottes atteint désormais 900 francs CFA, tandis qu’un chou peut coûter jusqu’à 500 francs CFA.
Pour les consommateurs, cette situation complique davantage la gestion du budget familial. Astou Mbow, rencontrée sur place, déplore notamment la baisse des quantités qu’elle peut acheter avec le même budget. « Avec le même budget qu’avant, je ne peux plus acheter les mêmes quantités », explique-t-elle, évoquant la nécessité de renoncer à certains produits.
Les vendeurs, eux, rejettent la responsabilité de cette flambée. Ils mettent en avant les difficultés d’approvisionnement provoquées par les fortes pluies. Aminata Boye, commerçante, explique notamment devoir se rendre jusqu’à Notto pour acheter ses marchandises. La dégradation des routes pendant l’hivernage rallonge les trajets, augmente les coûts de transport et renchérit le prix des produits à l’achat.
Ibrahima Diouf, autre commerçant du marché, confirme que les perturbations affectant la chaîne d’approvisionnement ont des conséquences directes sur les prix. La dégradation des axes routiers ralentit l’acheminement des marchandises, tandis que la rareté de certains légumes contribue à leur renchérissement.
Le secteur de la pêche n’échappe pas à cette tendance. Au rayon poissonnerie, les vendeurs constatent également une diminution des quantités disponibles. Les conditions météorologiques difficiles et la houle limitent les sorties des pêcheurs artisanaux, réduisant les débarquements.
Mohamed Ndoye, vendeur de poisson, souligne que cette baisse de l’offre se traduit mécaniquement par une hausse des prix. « Quand les quantités baissent, les prix augmentent automatiquement », explique-t-il.
Ainsi, rapporte EnQuête, consommateurs et commerçants espèrent une amélioration de la situation dans les prochaines semaines. La reprise des activités maraîchères et une meilleure accessibilité des zones de production pourraient contribuer à détendre les prix. En attendant, chaque passage au marché demeure pour de nombreux ménages un exercice d’arbitrage entre les besoins essentiels et un budget de plus en plus contraint.

