Une simple opération de contrôle routier menée à Bargny a permis aux enquêteurs de mettre au jour un réseau présumé de trafic de crack de cocaïne reliant Rufisque, les Parcelles Assainies et Thiès. C’est une renversante info que relaie quotidien Libération
Quatre personnes, dont un ressortissant nigérian présenté comme fournisseur, ont été interpellées au terme d’une série d’investigations ayant conduit à la saisie de drogue et à l’identification d’une filière organisée.
Ce qui devait être une banale opération de contrôle du port obligatoire du casque s’est transformé en une importante affaire de trafic de stupéfiants.
Le 3 juillet dernier, des éléments du Corps urbain de Bargny ont intercepté William Biagui, âgé de 25 ans, qui circulait à moto au niveau du rond-point du TER de Bargny. Lors de la palpation de sécurité, les policiers ont découvert un gramme de crack de cocaïne soigneusement dissimulé dans une boîte de préservatifs placée dans la poche de son pantalon.
Selon toujours le quotidien Libération, iInterrogé, le jeune homme a expliqué avoir acheté cette drogue auprès d’un ressortissant nigérian installé aux Parcelles Assainies, par l’intermédiaire d’une femme domiciliée à Rufisque. Il a également indiqué qu’il transportait cette marchandise vers Thiès où elle devait être remise à un individu de nationalité malienne contre une rémunération de 15 000 francs CFA.
Les investigations se sont aussitôt poursuivies à Rufisque où les enquêteurs ont procédé à l’arrestation de Khadidiatou Ndir, 34 ans, ainsi que de son frère Mouhamed Ndir. La perquisition menée dans la chambre de la jeune femme a permis de découvrir un gramme supplémentaire de crack de cocaïne. Les policiers indiquent que son frère aurait tenté de dissimuler la drogue afin de soustraire sa sœur aux poursuites.
Face aux enquêteurs, Khadidiatou Ndir a reconnu être propriétaire de la substance saisie. Elle a expliqué qu’elle s’approvisionnait auprès d’un fournisseur nigérian dénommé Samuel, résidant aux Parcelles Assainies, pour le compte de son compagnon malien établi à Thiès. Elle a également décrit le mode opératoire du réseau, précisant que son coursier se rendait régulièrement aux Parcelles Assainies afin d’y récupérer les produits auprès du fournisseur, les transactions se déroulant devant le cinéma de l’Unité 3.
Ces révélations ont conduit les enquêteurs jusqu’au présumé fournisseur, identifié comme Samuel Odinaka Okéréké, commerçant de nationalité nigériane domicilié aux Parcelles Assainies. Une perquisition effectuée à son domicile a permis la découverte et la saisie de 1,5 kilogramme de chanvre indien. S’il conteste être propriétaire de cette marchandise, le suspect reconnaît néanmoins avoir fourni du crack de cocaïne à Khadidiatou Ndir. Il affirme par ailleurs que son propre fournisseur résiderait à Ngor, sans pouvoir fournir davantage de précisions sur son identité.
Cette opération met en lumière les ramifications de réseaux de trafic de stupéfiants opérant entre plusieurs localités du pays et impliquant différents intermédiaires. L’enquête devrait désormais permettre aux services spécialisés d’identifier les autres membres de cette filière et de remonter jusqu’aux principaux fournisseurs.

