Filière rizicole : industriels et producteurs accusent le ministère du Commerce d’imposer des décisions unilatérales

Le différend entre les acteurs de la filière rizicole et le ministère du Commerce prend une nouvelle ampleur. Dans un communiqué conjoint publié à Ross Béthio, l’Association nationale des Riziers (ANR) et le Comité interprofessionnel de la filière riz (CIRIZ) dénoncent une gestion qu’ils qualifient de « politique du fait accompli » et réclament une implication directe des plus hautes autorités de l’État.

Au cœur de la controverse figure le volume réel de riz local acheté par les importateurs. Alors que le ministère affirme que 9 000 tonnes ont été commercialisées, les organisations professionnelles avancent un chiffre de seulement 7 355 tonnes.

Selon leurs données, sur les 7 597 tonnes disponibles en novembre 2025, seuls 6 142 tonnes auraient effectivement été enlevées par huit importateurs, tandis que deux opérateurs auraient refusé de participer au dispositif.

Les professionnels rappellent également que les mesures arrêtées après l’accord du 2 avril 2026 n’ont permis d’écouler que 1 213 tonnes supplémentaires, alors que les stocks nationaux atteignaient près de 37 000 tonnes.

Au-delà de cette bataille des chiffres, le principal point de désaccord concerne la fixation du prix du riz local. L’ANR et le CIRIZ affirment n’avoir jamais été consultés sur l’hypothèse d’un prix de 280 FCFA le kilogramme.

Ils défendent le tarif actuel de 350 FCFA, qu’ils présentent comme le résultat d’études réalisées par les services techniques du ministère du Commerce eux-mêmes, après analyse des coûts de production, de transformation, de stockage et de commercialisation.

Les deux organisations estiment qu’une baisse imposée sans concertation fragiliserait toute la chaîne de valeur et mettrait en péril les investissements consentis par les producteurs et les industriels.

Estimant que plusieurs engagements pris depuis septembre 2025 n’ont jamais été respectés, l’ANR et le CIRIZ annoncent qu’ils ne participeront plus à des réunions ni ne signeront de protocole d’accord dont le contenu n’aura pas été préalablement négocié et validé avec l’ensemble des parties prenantes.

Ils sollicitent désormais un arbitrage du Premier ministre et du ministre des Finances et du Budget afin de garantir la mise en œuvre effective des futures décisions.

Tout en réaffirmant leur volonté de privilégier le dialogue, les représentants de la filière estiment qu’une gouvernance concertée est indispensable pour préserver un secteur stratégique, considéré comme un pilier de la souveraineté alimentaire du Sénégal.

Mamadou Nancy Fall
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