Alors que le débat se poursuit autour de la politique de corrélation pharmaceutique visant à promouvoir la production locale de médicaments, le Syndicat des délégués médicaux et fonctions supports du Sénégal (SYDEMS) appelle à la prudence. Son secrétaire général, Alhassane Ahmed Dathe, estime que toute accélération du processus sans garanties suffisantes pourrait exposer le pays à des ruptures d’approvisionnement.
La question de la souveraineté pharmaceutique continue de susciter des réactions dans le secteur de la santé. Selon Vox Populi, le Syndicat des délégués médicaux et fonctions supports du Sénégal (SYDEMS) a adressé une lettre ouverte à la directrice générale de l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP) pour exprimer ses préoccupations concernant la mise en œuvre de la corrélation pharmaceutique.
Dans ce document intitulé « Corrélation pharmaceutique : subordonner la cadence à la preuve de la capacité réelle des opérateurs », le secrétaire général du syndicat, Alhassane Ahmed Dathe, affirme partager les objectifs poursuivis par les autorités, notamment le transfert de technologies, le développement industriel et le renforcement de la souveraineté sanitaire.
Toutefois, selon Vox Populi, le SYDEMS considère que l’accélération du processus ne doit intervenir qu’après une démonstration claire des capacités techniques et financières des industriels appelés à remplacer certains médicaments importés par des produits conditionnés localement.
Le syndicat estime qu’avant toute extension de la corrélation, les opérateurs doivent prouver leur conformité aux normes internationales de fabrication, la qualification de leurs installations, la disponibilité d’un personnel compétent ainsi que l’existence de systèmes efficaces de pharmacovigilance.
Pour les délégués médicaux, l’enjeu principal demeure la sécurité des patients. Ils craignent qu’une réforme conduite trop rapidement n’aboutisse à la mise sur le marché de produits dont les garanties de qualité ne seraient pas suffisamment établies.
Sur le plan économique, le SYDEMS souligne également la nécessité pour les industriels de démontrer leur solidité financière et leur capacité à assurer un approvisionnement régulier du marché national.
Selon Alhassane Ahmed Dathe, une concentration excessive de la production entre les mains de quelques opérateurs insuffisamment préparés pourrait fragiliser l’offre de médicaments et provoquer des ruptures de stock dans les pharmacies.
Le syndicat plaide ainsi pour la mise en place d’un cahier des charges rigoureux validé par l’ARP avant l’inscription de nouveaux produits sur les listes de corrélation. Il demande également une évaluation objective des deux premières listes déjà appliquées.
Pour le SYDEMS, la réussite de la souveraineté pharmaceutique passe par une transition progressive conciliant développement industriel, sécurité sanitaire et continuité de l’approvisionnement en médicaments.

