À l’occasion du Magal commémorant le témoignage historique de Bour Sine Fandép à Serigne Touba, le président du mouvement Alternance Citoyenne And Défar Sa Réew (ACAD), Arona Coumba Ndoffène Diouf, a vivement interpellé les autorités sur ce qu’il considère comme une marginalisation persistante de la cité religieuse de Touba. Entre inégalités budgétaires, insuffisances infrastructurelles et risques d’inondation, il a appelé l’État à revoir sa politique envers la capitale du mouridisme.
Selon le quotidien Libération, le professeur Arona Coumba Ndoffène Diouf a profité de la célébration du Magal annuel commémorant le témoignage de Bour Sine Fandép à Serigne Touba Khadim Rassoul pour dresser un réquisitoire sévère contre la gestion de la ville de Touba par les différents régimes qui se sont succédé depuis l’indépendance.
Devant les fidèles réunis au quartier Darou Marnane, le leader d’ACAD a estimé que Touba n’a pas bénéficié de l’attention qu’exigent son poids démographique et son importance économique. Il a rappelé que la cité religieuse constitue aujourd’hui la deuxième agglomération du pays et l’un des principaux pôles économiques nationaux.
Pour Arona Coumba Ndoffène Diouf, les autorités doivent cesser de considérer Touba comme une simple localité périphérique. « Il est grand temps que les gouvernants donnent du respect à Touba », a-t-il déclaré, soulignant que la ville continue de souffrir de nombreuses insuffisances malgré son rôle central dans la vie économique et religieuse du Sénégal.
Le président d’ACAD s’est particulièrement insurgé contre ce qu’il juge être une répartition inéquitable des ressources publiques. Citant les budgets alloués aux collectivités territoriales, il a dénoncé l’écart entre les financements destinés à Dakar et ceux accordés à Touba. Selon lui, il est difficilement justifiable que la capitale bénéficie d’un budget de 54 milliards de francs CFA tandis que Touba doit fonctionner avec seulement 4 milliards.
Toujours selon Libération, le professeur Diouf a également attiré l’attention sur la question récurrente des inondations. À l’approche de l’hivernage, il a exprimé ses inquiétudes face à l’absence d’innovations ou de mesures nouvelles pour prévenir les désagréments subis chaque année par les populations.
Il estime que sans interventions rapides et structurantes, les difficultés pourraient s’aggraver durant la saison des pluies, avec des conséquences importantes sur la mobilité, les activités économiques et les conditions de vie des habitants.
À travers cette sortie, le responsable politique a ainsi relancé le débat sur l’équité territoriale et la place de Touba dans les politiques publiques nationales. Un débat qui continue d’alimenter les discussions autour de la décentralisation et de l’allocation des ressources au Sénégal.

