Sénégal un weekend, un signal à ne pas sous-estimer…Par Lansana Gagny Sakho

Le weekend du  𝟔 𝐚𝐮 𝟕 𝐣𝐮𝐢𝐧 𝟐𝟎𝟐𝟔 a été assez particulier pour le Sénégal.

 

Financial Afrik a publié une analyse de la dernière adjudication du Trésor senegalais…. Ce qui dit Financial Afrik : « 𝐿’𝑎𝑡𝑡𝑟𝑎𝑐𝑡𝑖𝑣𝑖𝑡𝑒́ 𝑛’𝑒𝑠𝑡 𝑗𝑎𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑢𝑛𝑒 𝑞𝑢𝑒𝑠𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑’𝑖𝑚𝑎𝑔𝑒, 𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑑𝑒 𝑐𝑜ℎ𝑒́𝑟𝑒𝑛𝑐𝑒, 𝑑𝑒 𝑠𝑡𝑎𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡𝑒́ 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑐𝑟𝑒́𝑑𝑖𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡𝑒́. 𝐿𝑜𝑟𝑠𝑞𝑢𝑒 𝑙𝑒 𝑐𝑜𝑢̂𝑡 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑑𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑔𝑟𝑖𝑚𝑝𝑒, 𝑐’𝑒𝑠𝑡 𝑡𝑜𝑢𝑡𝑒 𝑙𝑎 𝑚𝑒́𝑐𝑎𝑛𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑑𝑒 𝑑𝑒́𝑐𝑖𝑠𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒𝑠 𝑖𝑛𝑣𝑒𝑠𝑡𝑖𝑠𝑠𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑞𝑢𝑖 𝑠𝑒 𝑟𝑒𝑐𝑜𝑛𝑓𝑖𝑔𝑢𝑟𝑒. »

 

Ce verdict dit une chose précise : le Sénégal ne bénéficie plus de la 𝐩𝐫𝐢𝐦𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐢𝐚𝐧𝐜𝐞 qui le plaçait depuis deux décennies parmi les meilleures signatures de l’UEMOA. Sans être assimilé aux États les plus fragiles de la zone, il évolue désormais dans une 𝐳𝐨𝐧𝐞 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐦𝐞́𝐝𝐢𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐢𝐧𝐜𝐨𝐧𝐟𝐨𝐫𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞 celle où les investisseurs demandent davantage pour accompagner l’État, parce qu’ils perçoivent davantage de risque.

 

Pourtant, un paradoxe s’installe. Alors même que les marchés envoient des signaux d’inquiétude, le ministre de l’Économie des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a procédé au 𝐩𝐚𝐢𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐧𝐭𝐢𝐜𝐢𝐩𝐞́ de deux échéances majeures sur la dette extérieure : 𝟓𝟑,𝟕𝟓 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝’𝐞𝐮𝐫𝐨𝐬 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐭𝐢𝐭𝐫𝐞𝐬 𝟐𝟎𝟑𝟕 𝐞𝐭 𝟑𝟖,𝟖 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐝𝐨𝐥𝐥𝐚𝐫𝐬 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐨𝐛𝐥𝐢𝐠𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝟐𝟎𝟑𝟏.

 

Ce geste, rare dans le contexte actuel, constitue un 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐚𝐥 𝐭𝐞𝐜𝐡𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐟 un rappel que l’État entend honorer ses engagements et préserver sa signature souveraine. Il témoigne d’une volonté réelle de rassurer les créanciers. Il doit être salué.

 

Dans le même temps, le congrès historique du 𝐏𝐀𝐒𝐓𝐄𝐅 capte l’essentiel de l’attention politique et médiatique. C’est légitime : il s’agit d’un moment fondateur pour le parti au pouvoir, d’une structuration institutionnelle qui compte pour la gouvernance à long terme du pays.

 

Mais les marchés, eux, ne lisent pas les congrès. Ils lisent les 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐚𝐮𝐱 𝐞́𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬, la 𝐜𝐨𝐡𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 et la 𝐥𝐢𝐬𝐢𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐭𝐫𝐚𝐣𝐞𝐜𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐢𝐞̀𝐫𝐞. Et sur ce terrain, les signaux ne changent pas depuis des mois : absence de programme FMI, trajectoire budgétaire encore incertaine, réformes structurelles non encore consolidées.

 

La conclusion s’impose d’elle-même, avec la clarté que la situation exige. 𝐋𝐞 𝐒𝐞́𝐧𝐞́𝐠𝐚𝐥 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐬𝐚𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐜𝐡𝐨𝐢𝐬𝐢𝐫 𝐬𝐞𝐬 𝐛𝐚𝐭𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞𝐬.

 

Dans un environnement régional où les investisseurs peuvent se tourner vers des pays offrant une stabilité institutionnelle plus forte, le Sénégal ne peut se permettre de 𝐛𝐫𝐨𝐮𝐢𝐥𝐥𝐞𝐫 𝐬𝐞𝐬 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐚𝐮𝐱. Le débat n’est pas idéologique. Il est pragmatique.

 

Entre 2026 et 2028, les prévisions officielles de recettes budgétaires du Sénégal s’élèvent à environ 𝟏𝟓 𝟐𝟐𝟗 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐚𝐫𝐝𝐬 𝐅𝐂𝐅𝐀. Le service de la dette sur la même période (𝟏𝟒 𝟖𝟕𝟎 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐚𝐫𝐝𝐬 𝐅𝐂𝐅𝐀) représente donc près de 98 % des recettes attendues. Autrement dit, chaque franc de recette est presque entièrement absorbé par la dette.

 

Cette arithmétique qui ne négocie pas avec les 𝐜𝐚𝐥𝐞𝐧𝐝𝐫𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬. Nous nous trouvons dans une zone de forte contrainte budgétaire, la dette est devenue insoutenable sans ajustement. L’heure est à la lucidité.

 

Ce qui compte aujourd’hui, c’est de revenir à la réalité. 𝐒𝐢𝐠𝐧𝐞𝐫 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐞 𝐅𝐌𝐈 n’est pas un choix 𝐝𝐨𝐜𝐭𝐫𝐢𝐧𝐚𝐥. C’est un choix de 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́. Le fonds n’allume pas l’incendie : il intervient quand la maison brûle déjà. On peut discuter des conditions, des approches, des alternatives c’est légitime mais accuser le FMI d’être le pyromane, c’est refuser de voir que la dette est d’abord le résultat de nos 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞́𝐜𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧𝐬, de nos 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬, et de nos 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞́𝐫𝐢𝐯𝐞𝐬.

 

« 𝙌𝙪𝙖𝙣𝙙 𝙡𝙖 𝙢𝙖𝙞𝙨𝙤𝙣 𝙗𝙧𝙪̂𝙡𝙚, 𝙡𝙖 𝙘𝙤𝙪𝙡𝙚𝙪𝙧 𝙙𝙪 𝙘𝙖𝙢𝙞𝙤𝙣 𝙙𝙚𝙨 𝙥𝙤𝙢𝙥𝙞𝙚𝙧𝙨 𝙞𝙢𝙥𝙤𝙧𝙩𝙚 𝙥𝙚𝙪 : 𝙙𝙖𝙣𝙨 𝙘𝙚𝙧𝙩𝙖𝙞𝙣𝙨 𝙢𝙤𝙢𝙚𝙣𝙩𝙨, 𝙞𝙡 𝙣’𝙚𝙭𝙞𝙨𝙩𝙚 𝙩𝙤𝙪𝙩 𝙨𝙞𝙢𝙥𝙡𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙥𝙖𝙨 𝙙’𝙖𝙪𝙩𝙧𝙚 𝙘𝙝𝙤𝙞𝙭 𝙦𝙪𝙚 𝙙’𝙖𝙥𝙥𝙚𝙡𝙚𝙧 𝙘𝙚𝙪𝙭 𝙦𝙪𝙞 𝙥𝙚𝙪𝙫𝙚𝙣𝙩 𝙚́𝙩𝙚𝙞𝙣𝙙𝙧𝙚 𝙡𝙚 𝙛𝙚𝙪 »

 

Lansana Gagny Sakho

Michel DIEYE

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Michel DIEYE

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