Pêche maritime : Le GAIPES dénonce un « dégel dangereux » des licences de pêche démersale et réclame son annulation

Le Groupement des Armateurs et Industriels de la Pêche au Sénégal (GAIPES) monte au créneau contre l’arrêté portant dégel partiel des licences de pêche démersale côtière. L’organisation estime que cette mesure menace les ressources halieutiques et pourrait fragiliser davantage la position du Sénégal face aux exigences internationales de lutte contre la pêche illicite.

Le débat sur la gestion durable des ressources halieutiques connaît un nouveau rebondissement. Dans un communiqué particulièrement critique, le Groupement des Armateurs et Industriels de la Pêche au Sénégal (GAIPES) demande le retrait pur et simple de l’arrêté portant dégel partiel des licences de pêche démersale côtière.

Selon l’organisation professionnelle, cette décision met fin à un moratoire vieux de vingt ans sur une pêcherie considérée comme globalement surexploitée. Le GAIPES conteste notamment l’argument avancé par les autorités selon lequel cette mesure répondrait à une directive présidentielle visant à renforcer l’approvisionnement du marché national en produits halieutiques.

L’organisation affirme que les volumes potentiellement exploitables, estimés entre 2 000 et 3 000 tonnes, restent très éloignés des besoins nationaux évalués à plus de 220 000 tonnes. Dès lors, elle considère que la justification économique avancée ne repose sur aucune base solide.

Le GAIPES se montre également préoccupé par l’identité de certains bénéficiaires potentiels des nouvelles licences. Selon lui, des navires appartenant à un armement précédemment cité dans plusieurs dossiers liés à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) pourraient intégrer cette pêcherie fragile.

L’organisation reproche en outre à l’administration des pêches une interprétation partielle des conclusions scientifiques du Centre de Recherches Océanographiques de Dakar-Thiaroye (CRODT). Elle estime que les principes de précaution, les dimensions écosystémiques et les impacts socio-économiques n’ont pas été suffisamment pris en compte.

Le contexte international renforce les inquiétudes des armateurs. Le Sénégal demeure sous la menace d’un « carton jaune » de l’Union européenne depuis 2024 en raison de préoccupations liées à la lutte contre la pêche INN. Pour le GAIPES, l’octroi de nouvelles licences dans ces conditions risque d’affaiblir davantage la crédibilité du pays et de compromettre l’accès aux marchés internationaux.

Face à cette situation, l’organisation lance un appel au président de la République, au Premier ministre et aux députés afin qu’ils interviennent pour obtenir l’abrogation de l’arrêté contesté.

Mamadou Nancy Fall
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