Santé mentale au Sénégal : dénonçant une prise en charge insuffisante, Ansoumana Dione appelle à faire d’octobre un mois de mobilisation

À l’ouverture du mois d’octobre, Ansoumana Dione remet la santé mentale au cœur du débat sanitaire. Le président de l’Association sénégalaise pour le suivi et l’assistance aux malades mentaux (ASSAMM) estime que cette question constitue désormais une urgence sanitaire mondiale et dénonce, au Sénégal, une prise en charge qu’il juge insuffisamment différenciée de la psychiatrie.

Dans un communiqué de presse, Ansoumana Dione rappelle qu’en 2000, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait consacré le mois d’octobre à la santé mentale, avec pour objectif de renforcer la sensibilisation autour de cette dimension essentielle de la santé. Le thème retenu à l’époque pour la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre, était : « Santé mentale : oui aux soins, non à l’exclusion ».

Vingt-six ans plus tard, le président de l’ASSAMM estime que l’évolution de la situation mondiale confirme l’importance accordée à cette question par l’OMS. À ses yeux, la dégradation de la santé mentale à travers le monde en fait désormais une urgence sanitaire qui concerne tous les pays, indépendamment de leur niveau de développement.

Il cite notamment la décision de certains pays européens, dont la France, d’ériger la santé mentale en Grande cause nationale en 2025 et 2026. Une démarche qui traduit, selon lui, l’ampleur des défis auxquels sont confrontés les systèmes sanitaires.

Pour Ansoumana Dione, le principe selon lequel « il n’y a pas de vraie santé sans la santé mentale » doit ainsi guider les politiques publiques.

Au Sénégal, son constat est beaucoup plus critique. Il déplore une situation qu’il qualifie de « léthargie totale » et qu’il attribue notamment à une confusion entre santé mentale et psychiatrie au niveau des autorités sanitaires.

Il rappelle qu’une Division de la Santé mentale existe au sein du ministère de la Santé depuis 2012, après le remplacement du Bureau de la Santé mentale qui dépendait auparavant du service de psychiatrie du Centre hospitalier national universitaire de Fann. Il relève toutefois que cette évolution institutionnelle n’aurait pas, selon lui, permis de modifier fondamentalement la manière dont la santé mentale est prise en charge.

Le président de l’ASSAMM dénonce également les rapports difficiles qu’entretient, à ses yeux, le ministère de la Santé avec son association, créée en 2000. Il met en avant les nombreuses actions menées par l’organisation en faveur des personnes souffrant de troubles mentaux et de leurs familles.

Dans son communiqué de presse, Ansoumana Dione appelle ainsi à une meilleure prise en compte de la santé mentale comme composante à part entière des politiques sanitaires, au-delà de la seule approche psychiatrique.

Oumou Khaïry NDIAYE
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