Une opération immobilière portant sur un terrain de 1 408 m² situé à Dakar-Plateau a conduit à l’interpellation de quatre personnes par la Division des investigations criminelles (DIC). L’affaire porte sur une tentative de vente évaluée à 3,2 milliards de francs CFA et impliquant, selon les éléments rapportés, des documents présumés falsifiés.
Selon Libération, Assane Diop, Serigne Fallou Diop, Amadou Sambe et Massamba Fall ont été interpellés le 29 septembre pour des faits présumés d’association de malfaiteurs, de faux et usage de faux en écritures authentiques et de tentative d’escroquerie.
L’affaire avait été portée à la connaissance de la DIC la veille par une notaire, qui avait saisi les enquêteurs au sujet d’une tentative de vente d’un terrain nu situé à Dakar-Plateau, d’une superficie de 1 408 m² et objet du TF n°6504/Dk. Le montant de la transaction envisagée était de 3,2 milliards de francs CFA.
D’après les éléments de l’enquête rapportés par le journal, Assane Diop, se présentant comme résidant en France et agissant en qualité de mandataire, s’était rapproché de l’étude notariale pour procéder à la cession du bien, appartenant à un ressortissant français décédé depuis plusieurs décennies. Il avait notamment produit un duplicata du titre foncier ainsi qu’une procuration supposément établie par une notaire exerçant en France.
Des vérifications entreprises par l’étude notariale auraient cependant permis de mettre en doute l’authenticité de ces documents. La notaire française dont le nom figurait sur la procuration aurait formellement indiqué ne pas en être l’auteure ni la signataire.
Entendu par les enquêteurs, Assane Diop aurait reconnu avoir entrepris les démarches liées à la vente. Il aurait expliqué tenir son pouvoir d’un certain Maruane Marhane, établi en France, qui lui aurait remis la procuration et les documents relatifs au bien. Il affirme toutefois ignorer leur caractère frauduleux. Au moment de son interpellation, une promesse de vente aurait déjà été signée et un acompte de 320 millions de francs CFA devait être versé. Une commission de 10 % du montant de la transaction lui était également promise.
Toujours selon Libération, l’intéressé n’a cependant pas été en mesure de fournir les coordonnées téléphoniques de la personne présentée comme son mandant et comme la source des documents litigieux.
Les autres personnes interpellées ont également livré leur version des faits. Massamba Fall nie toute implication directe et affirme avoir simplement conseillé et accompagné son beau-frère chez le notaire. L’exploitation de son téléphone aurait toutefois permis aux enquêteurs de relever plusieurs échanges portant notamment sur le prix du mètre carré, les droits réels, les frais de mutation et les démarches notariales.
Serigne Fallou Diop reconnaît, pour sa part, avoir servi d’intermédiaire à la demande d’Assane Diop et transmis au notaire certains documents. Il affirme ne pas avoir eu connaissance de leur caractère frauduleux. Amadou Sambe reconnaît également être intervenu comme intermédiaire et indique qu’une commission de 6 % devait être partagée entre les différents intervenants. Il nie toutefois avoir signé des documents ou avoir eu connaissance du caractère frauduleux des pièces produites.

