Face aux débats sur les réformes institutionnelles envisagées au Sénégal, le président d’Afrikajom Center, Alioune Tine, appelle à privilégier le consensus et la consultation populaire. Il estime qu’un référendum offrirait une légitimité incontestable aux changements constitutionnels envisagés.
Le débat sur la révision de la Constitution et la refondation institutionnelle du Sénégal continue d’alimenter les réflexions au sein de la société civile. Dans une publication sur le réseau social X, Alioune Tine, président de l’ONG Afrikajom Center, a livré une analyse approfondie de la nouvelle configuration du pouvoir politique.
Selon lui, le Sénégal traverse une phase inédite marquée par l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants et par une redéfinition des rapports entre les institutions. Il évoque notamment une remise en question du modèle hyperprésidentialiste qui a longtemps caractérisé le système politique sénégalais.
Dans son analyse relayée par Vox Populi, Alioune Tine souligne le caractère symbolique de la situation actuelle. Il relève notamment que le centre de gravité du pouvoir semble progressivement se déplacer vers le Parlement, alors même que les discussions sur d’importantes réformes institutionnelles se poursuivent.
L’ancien président de la RADDHO s’interroge également sur les conséquences de la nouvelle répartition des rôles au sein de la majorité politique. Selon lui, le même parti occupe aujourd’hui simultanément les principales positions du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif, créant une configuration inédite dans l’histoire démocratique du Sénégal.
Pour Alioune Tine, cette situation pourrait réduire davantage l’espace politique disponible pour une opposition déjà fragmentée et fragilisée. Il estime également que la société civile peine encore à trouver sa place dans ce nouvel environnement institutionnel.
Concernant les réformes constitutionnelles elles-mêmes, le président d’Afrikajom Center reconnaît qu’elles découlent des recommandations du Dialogue national. Toutefois, il met en garde contre toute tentative de les imposer uniquement grâce à la force du nombre au Parlement.
À ses yeux, le recours au référendum apparaît comme la solution la plus appropriée pour garantir une légitimité incontestable aux décisions qui engageront durablement l’avenir institutionnel du pays.
Dans un contexte économique tendu et marqué par les incertitudes géopolitiques dans la région sahélienne, Alioune Tine appelle enfin le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre, Ousmane Sonko, à faire preuve de prudence, de lucidité et de sens de l’intérêt général afin de préserver la stabilité nationale.

