L’examen de la proposition de loi n°33/2026 portant modification de l’article 37 de la Constitution a donné lieu, lundi 17 août 2026, à de vifs échanges à l’Assemblée nationale. Au-delà du débat entre majorité et opposition, la séance plénière a surtout été marquée par les prises de position de deux députés de PASTEF, Djiby Ciss et Félicité Mbougane Sarr, qui ont annoncé leur refus de voter le texte.
Selon Vox Populi, la proposition vise notamment à consacrer l’obligation pour le président de la République de déclarer et de rendre public son patrimoine à son entrée en fonction comme à la fin de son mandat.
Prenant la parole, Djiby Ciss a affiché son soutien au président Bassirou Diomaye Faye, estimant que celui-ci n’avait « jamais dit qu’il ne ferait pas de déclaration de patrimoine à sa sortie de fonction ». Le député a toutefois déclaré qu’il ne voterait pas le texte, qu’il considère comme une démarche visant particulièrement le chef de l’État.
« Je suis loyal, mais je ne vais pas voter quelque chose en quoi je ne crois pas », a-t-il notamment soutenu.
Face aux réactions de certains de ses collègues, Djiby Ciss a appelé le président de la République à « prendre ses responsabilités » face à ce qu’il considère comme une tension excessive entre l’Exécutif et le Législatif. Il est même allé jusqu’à suggérer la dissolution de l’Assemblée nationale, ainsi que la restitution des véhicules des députés et la suppression de leurs indemnités.
Le parlementaire a également soulevé la question des fonds politiques, évoquant l’existence, selon lui, d’une « caisse noire » de l’Assemblée nationale évaluée à un milliard de francs CFA et dont les modalités d’utilisation seraient, à ses yeux, insuffisamment connues.
Dans la même veine, la députée Félicité Mbougane Sarr a défendu le chef de l’État, affirmant que Bassirou Diomaye Faye avait déclaré son patrimoine « sans tricherie, sans cache-cache » et qu’il était disposé à effectuer une déclaration à la fin de son mandat.
Elle a toutefois estimé que si une révision de la Constitution devait être opérée, celle-ci devrait s’appliquer largement à toutes les institutions concernées. Pour elle, la généralisation des obligations de transparence permettrait d’éviter de nouvelles modifications constitutionnelles sur le même sujet.
La députée a également critiqué l’attitude de certains parlementaires, estimant que l’Assemblée nationale devait demeurer « la voix du peuple » plutôt que celle d’un parti politique. Elle a appelé à mettre fin aux tensions entre les institutions.
Sur la question des hydrocarbures et du coût de la vie, Félicité Mbougane Sarr a par ailleurs rappelé que l’actuel président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, avait lui-même évoqué par le passé la possibilité d’une hausse des prix du carburant.
En conclusion, elle a maintenu sa position : elle ne votera pas la proposition de loi telle qu’elle est présentée

