Appel Solennel À Un Sursaut National Avant Qu’il Ne Soit Trop Tard
Quand Une Nation Sent Le Danger, Le Silence N’est Plus Une Réponse
Par Serigne Habib Ndaw
Il y’a des moments où se taire devient plus dangereux que parler.
Il y’a des moments où regarder ailleurs devient une forme d’irresponsabilité.
Il y’a des moments où l’intérêt supérieur de la Nation commande de dépasser les clivages et de dire : STOP !
Le Sénégal est-il en train d’atteindre ce moment ?
La question mérite d’être posée avec gravité, sans passion partisane, sans volonté de dramatisation et sans accusation gratuite.
Mais elle doit être posée.
Parce que les inquiétudes s’accumulent. Parce que les tensions politiques et institutionnelles préoccupent. Parce que les difficultés économiques et sociales pèsent lourdement sur les citoyens. Parce que le climat national semble de plus en plus chargé.
Et surtout parce qu’au milieu de ces signaux d’alerte, le silence de certaines voix qui devraient éclairer, rassurer, prévenir et contribuer à apaiser la Nation devient profondément préoccupent.
Le Silence Des Voix Autorisées Interroge
Où sont les grandes voix de la Nation lorsque le pays traverse des périodes de tension ?
Où sont ceux dont l’expérience, l’autorité morale ou la responsabilité devraient permettre de rappeler à tous que le Sénégal est plus important que nos querelles ?
Pourquoi laisse-t-on parfois l’espace public se remplir de soupçons, de confrontations, d’invectives et de lectures partisanes sans qu’une parole suffisamment forte ne vienne rappeler l’essentiel ?
Il ne s’agit pas de demander à ces voix de prendre parti.
Il leur est demandé de prendre parti pour le Sénégal.
La parole d’un ancien président, d’un ancien ministre, d’un magistrat, d’un universitaire, d’un chef religieux, d’un intellectuel , d’un acteur économique ou d’une personnalité morale ne doit pas nécessairement être une parole partisane.
Elle peut-être une parole de conscience nationale.
Et aujourd’hui, cette parole est nécessaire.
Le Peuple Aussi Semble Abasourdi
Plus inquiétant encore : une partie de notre peuple semble paralysée.
Certains sont résignés.
D’autres sont enfermés dans leurs appartenances politiques.
D’autres encore observent, attendent et espèrent que la situation se réglera d’elle -même.
Mais une Nation ne peut pas attendre indéfiniment que quelqu’un d’autre agisse.
Le danger, lorsqu’il est ignoré suffisamment longtemps, finit par devenir plus difficile à maîtriser.
Il ne faut pas attendre que les conséquences soient visibles dans chaque famille, chaque entreprise, chaque quartier et chaque village pour comprendre que quelque chose ne va pas.
Prévenir une crise n’est pas être alarmiste.
Prévenir une crise, c’est être responsable.
Le Sénégal N’est La Propriété De Personne
Il faut toujours rappeler une vérité fondamentale :
Le Sénégal n’appartient ni au pouvoir, ni à l’opposition, ni à un parti, ni à une génération de dirigeants.
Le Sénégal appartient à son peuple.
Les institutions appartiennent à la République.
Les responsabilités publiques sont confiées temporairement à ceux qui les exercent.
Les mandats passent.
Les gouvernants passent.
Les majorités passent.
La Nation demeure.
C’est pourquoi personne, quel que soit son rang ou son camp, ne devrait accepter que les intérêts personnels, particuliers, politiques ou claniques puissent primer sur l’intérêt général.
Dans une république démocratique, la confrontation des idées est normale.
La critique est légitime.
L’opposition est nécessaire.
Le désaccord est sain.
Mais la destruction de la confiance, la paralysie institutionnelle, l’affrontement permanent et toute démarche susceptible de fragiliser la paix civile ne peuvent jamais devenir le prix à payer pour une ambition politique.
Quand La Maison Brûle, On Éteint Le Feu.
Il faut avoir le courage de sortir des logiques de camp.
Quand la maison commune est menacée, on ne demande pas d’abord qui a commencé l’incendie : on cherche à sauver la maison.
Voilà l’esprit dans lequel cet appel est lancé.
Pas pour défendre un homme.
Pas pour condamner un autre.
Pas pour soutenir un parti.
Pas pour combattre un autre.
Mais pour défendre le Sénégal.
Il est encore temps de dialoguer.
Il est encore temps de désamorcer les tensions.
Il est encore temps de mettre autour d’une table les forces qui peuvent contribuer à préserver la stabilité du pays.
Il est encore temps de restaurer la confiance.
Il est encore temps de faire de l’intérêt général le dénominateur commun de toutes les forces nationales.
Mais il ne faut pas confondre » il est encore temps » avec nous avons tout notre temps.
À Ceux Qui Gouvernent : Le Pouvoir Est Une Responsabilité.
À ceux qui détiennent aujourd’hui les responsabilités de l’Etat, cet appel est particulièrement solennel.
Le peuple vous a confié une responsabilité.
Il attend de vous non seulement des décisions, mais aussi de la hauteur, de la maîtrise, de l’écoute et de la capacité à préserver l’unité nationale.
L’autorité de l ‘État ne se mesure pas seulement à sa capacité à décider. Elle se mesure aussi à sa capacité à rassurer, rassembler et protéger.
Dans les périodes difficiles, les dirigeants doivent être capables de dépasser les intérêts immédiats pour regarder plus loin.
L’histoire jugera moins les querelles que les conséquences.
À L ‘Opposition Et À Toutes Les Forces Politiques : Le Pays Avant Les Prochaines Élections
À toutes les forces politiques, majorité comme opposition, je lance également un appel.
Ne transformons pas chaque difficulté nationale en bataille électorale.
Ne faisons pas de chaque désaccord une guerre politique.
Ne cherchons pas à tirer avantage d’une difficulté du pays au point de compromettre l’essentiel.
On peut vouloir conquérir le pouvoir sans vouloir affaiblir le pays.
On peut combattre une politique sans combattre la république.
On peut dénoncer des erreurs sans souhaiter l’échec du Sénégal.
Et surtout :
On peut préparer les prochaines échéances électorales sans sacrifier le présent.
À Nos Guides Religieux,
Intellectuels Et Forces Morales : Parlez !
Le Sénégal possède une richesse exceptionnelle : ses forces morales.
Dans les moments de tensions, leur rôle ne devrait pas être secondaire .
Nous avons besoin de paroles qui apaisent sans banaliser.
De paroles qui avertissent sans provoquer.
De paroles qui disent la vérité sans humilier.
De paroles capables de rappeler à tous que la paix est un bien commun et que la stabilité du pays ne doit jamais être considérée comme acquise.
Nous avons besoin aujourd’hui d’une véritable mobilisation des consciences.
Et À Nous, Citoyens : Ne Restons Pas Spectateurs
Le citoyen a également une responsabilité.
Nous ne devons pas devenir les spectateurs de notre propre histoire.
Nous devons refuser la violence.
Refuser la haine.
Refuser les manipulations.
Refuser les appels à l’affrontement.
Mais nous devons également refuser l’indifférence.
Un peuple qui ne parle plus lorsque l’essentiel est menacé laisse d’autres décider de son avenir à sa place.
Nul N’a Le Droit De Sacrifier Une Génération
Ce qui est en jeu dépasse les hommes actuellement aux responsabilités .
C’est l ‘avenir de nos enfants et de nos petits-enfants.
Que leur laisserons-nous ?
Un Sénégal plus uni, plus prospère, plus juste et plus souverain ?
Ou un pays épuisé par les querelles, fragilisé par les divisions et prisonnier de crises successives?
Nous avons reçu le Sénégal de nos devanciers.
Nous n’en sommes pas les propriétaires. Nous en sommes les dépositaires.
Notre devoir est de le transmettre dans de meilleures conditions à ceux qui viennent après nous.
» Unissons La Mer Et Les Sources…… »
Notre Hymne national nous rappelle l’essentiel :
» Unissons la mer et les sources,
Unissons la steppe et la forêt,
Sénégalais, debout ! »
Ces mots doivent retrouver aujourd’hui toute leur force.
Unissons-nous.
Pas pour nier nos différences.
Pas pour supprimer le débat démocratique.
Pas pour restaurer un quelconque consensus artificiel.
Mais pour sauver ce qui doit être commun à tous : le Sénégal.
Il Est Temps De Sonner L’alarme
Cet appel est un cri d’alerte.
Un cri de vigilance.
Un cri de responsabilité.
Ce n’est pas une accusation. C’est un avertissement.
Ce n’est pas un appel contre quelqu’un.
C’est un appel pour le Sénégal.
À ceux qui peuvent agir : agissez .
À ceux qui peuvent dialoguer : dialoguez.
À ceux qui peuvent apaiser : apaisez.
À ceux qui peuvent conseiller : conseillez.
À ceux qui peuvent parler : parlez .
À ceux qui gouvernent : gouvernez avec hauteur et responsabilité.
À ceux qui s’opposent : opposez-vous avec responsabilité.
À ceux qui prient : priez.
À ceux qui observent : réveillez-vous.
Car le pire serait de constater demain que nous avions tous vu les signes, entendu les inquiétudes, perçu les tensions……mais que nous avons collectivement choisi d’attendre.
Le Sénégal Avant Tout
Aucun homme vaut le Sénégal.
Aucun parti ne vaut le Sénégal.
Aucun clan ne vaut le Sénégal.
Aucune ambition ne vaut le Sénégal.
Aucune échéance électorale ne vaut le Sénégal.
Le pouvoir passe.
Les hommes passent.
Les partis passe.
Le Sénégal demeure.
Alors, avant que l’orage ne devienne tempête, avant que les fractures ne deviennent irréparables, avant que la crise ne dépasse les capacités de ceux qui devront la gérer :
Rassemblons-nous.
Parlons-nous.
Écoutons-nous.
Préservons la République.
Protégeons la paix.
Sauvegardons l’économie.
Et surtout, sauvons l’essentiel : Le Sénégal.
Sénégalais, Debout !
Le Pays D’abord.
La Nation Avant Les Partis.
L’intérêt Général Avant Les Intérêts Particuliers.
L’avenir Du Sénégal Avant Les Ambitions Personnelles.
Il est encore temps. Mais il est grand temps.
Monsieur
Serigne Habib Ndaw
Patriote Octogénaire Engagé
Au Service De La Nation.
Mail. Ndaw.Habib45@Gmail.Com
Dakar, Le 18 Août 2026

