La révision des articles 29 du Code électoral relance les tensions politiques, sur fond d’accusations croisées entre majorité et opposition quant aux véritables motivations de cette réforme.
Le débat sur la révision des articles 29 et suivants du Code électoral s’impose à nouveau comme un point de friction majeur dans le paysage politique sénégalais. Selon EnquêtePlus, cette réforme, portée par la majorité, suscite de vives contestations.
D’après EnquêtePlus, la situation actuelle revêt un caractère paradoxal. Il y a quelques mois, la majorité avait rejeté toute modification de ces dispositions, invoquant une décision du Conseil constitutionnel validant l’automaticité de la déchéance électorale en cas de condamnation définitive.
Aujourd’hui, le même camp politique propose une révision de ces articles, ce que l’opposition interprète comme une tentative de favoriser l’éligibilité d’Ousmane Sonko à l’horizon 2029.
Des voix critiques dénoncent une réforme ciblée, contraire aux principes juridiques qui proscrivent les lois à caractère personnel. Elles rappellent que, depuis 1992, les modifications du Code électoral ont toujours résulté de consensus politiques larges.
La méthode employée est également pointée du doigt. En introduisant cette réforme de manière unilatérale, la majorité rompt, selon ses détracteurs, avec la dynamique de dialogue politique enclenchée récemment.
Sur le plan juridique, les incertitudes demeurent. Certains analystes estiment qu’une révision combinée à une confirmation judiciaire de la condamnation de Sonko rendrait son inéligibilité incontestable.
Dans ce climat tendu, des initiatives de médiation émergent. Une rencontre entre le ministre de l’Intérieur et les partis politiques est annoncée pour le 30 avril, afin d’aborder ces questions « sans tabou », rapporte EnquêtePlus.
Au-delà des enjeux immédiats, ce débat met en lumière les fragilités du consensus politique autour des règles électorales, dans un contexte où la confiance entre acteurs reste profondément entamée.

