Le président de la Convergence des éleveurs pour l’émergence du Sénégal (CEES), Aliou Demba Sow, a été arrêté par la Division des investigations criminelles (DIC) avant d’être déféré au parquet. Il est poursuivi dans une affaire portant sur un prêt contracté auprès de la DER/FJ et dont une importante partie n’aurait jamais été remboursée.
La Division des investigations criminelles (DIC) a procédé à l’interpellation d’Aliou Demba Sow, président de la Convergence des éleveurs pour l’émergence du Sénégal (CEES), dans le cadre d’une enquête portant sur une présumée escroquerie sur les deniers publics estimée à plus de 34 millions de francs CFA.
Selon des informations rapportées par IGFM, citant le quotidien Libération, le mis en cause a été déféré au parquet après plusieurs auditions menées par les enquêteurs. L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée par la Délégation générale à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (DER/FJ).
D’après les éléments de l’enquête relayés par IGFM, Aliou Demba Sow avait obtenu en juin 2021 un financement de 50 millions de francs CFA destiné à une opération de Tabaski. Toutefois, malgré plusieurs relances effectuées par la DER/FJ, il n’aurait effectué qu’un seul remboursement, laissant subsister un important reliquat évalué à 34 264 400 francs CFA.
Entendu par les enquêteurs, le président de la CEES n’a pas contesté l’existence des faits. Il a cependant tenté d’expliquer la situation en affirmant avoir redistribué les fonds à 24 membres de son organisation afin de soutenir leurs activités économiques. Selon sa version, ces bénéficiaires auraient ensuite refusé de rembourser les montants reçus, estimant qu’il s’agissait de ressources à caractère politique et non d’un crédit devant être remboursé.
Cette ligne de défense n’a toutefois pas totalement convaincu les enquêteurs. Le responsable n’a été en mesure d’identifier que neuf bénéficiaires sur les vingt-quatre qu’il affirme avoir financés. Plusieurs personnes citées dans le dossier ont été auditionnées. Quatre d’entre elles ont reconnu avoir reçu des sommes d’argent, tout en indiquant qu’elles ignoraient la provenance exacte des fonds.
Selon leurs déclarations, le président de la CEES leur aurait simplement demandé d’utiliser les montants reçus pour relancer leurs activités professionnelles, sans évoquer un quelconque financement provenant de la DER/FJ.
L’enquête devra désormais permettre d’établir les responsabilités de chacun et de déterminer les conditions exactes de l’utilisation des fonds publics mis à disposition dans le cadre de ce programme d’appui à l’entrepreneuriat. Le parquet devrait se prononcer prochainement sur les suites judiciaires à donner à cette affaire qui met en lumière la question du suivi et du remboursement des financements publics accordés aux organisations et groupements bénéficiaires.

