Finance islamique : le Sénégal à la croisée des opportunités et des défis pour devenir un hub régional

Entamé hier et à quelques jours du lancement du Fonds de développement de la microfinance islamique (FDMI), des journalistes économiques sénégalais ont bouclé à Dakar deux journées intensives de formation consacrées aux enjeux, opportunités et défis de ce modèle financier encore sous-exploité dans le pays.

Dakar a accueilli, en prélude au lancement du Fonds de développement de la microfinance islamique (FDMI) prévu le 21 avril, une session de formation de haut niveau destinée aux journalistes économiques membres du COJES. Pendant deux jours, les participants ont été initiés aux fondamentaux de la finance islamique, ses mécanismes et son potentiel dans le financement de l’économie sénégalaise.

Reposant sur les principes du droit musulman, la finance islamique apparaît comme un levier stratégique de mobilisation de ressources alternatives. Toutefois, son essor au Sénégal reste freiné par plusieurs contraintes, notamment un cadre réglementaire encore perfectible, un déficit de compétences spécialisées et une vulgarisation insuffisante auprès du grand public et des acteurs économiques.

Lors de sa présentation d’hier, Dr Abdou Karim Diaaw, administrateur général du FDMI, a largement mis en perspective le rôle de cet instrument dans le cadre du référentiel Sénégal 2050. Il a souligné que le fonds ambitionne de mobiliser jusqu’à 200 milliards de francs CFA afin de financer les PME et les acteurs de l’économie sociale et solidaire, à travers des institutions de microfinance partenaires chargées de la distribution et du suivi des financements.

Un autre panel animé par Cheikh Oumar Ndiaye a permis de mettre en lumière les défis structurels du secteur. Il a notamment insisté sur l’urgence d’adapter le cadre réglementaire pour attirer davantage de capitaux, tout en reconnaissant les progrès réalisés par les autorités monétaires de la sous-région depuis 2018. Des ajustements restent néanmoins nécessaires, notamment en matière de fiscalité, de normes comptables et de ratios prudentiels.

Au-delà de l’environnement réglementaire, les défis liés à la communication et à la sensibilisation ont également été évoqués. Une meilleure diffusion de l’information sur les produits et principes de la finance islamique est jugée essentielle pour favoriser son appropriation. À cela s’ajoute la question cruciale du capital humain, avec la nécessité de former des ressources qualifiées capables de porter cette industrie.

Enfin, la conformité aux exigences de la Charia constitue un autre enjeu majeur, impliquant une expertise pointue et des mécanismes de contrôle adaptés.

Cette session visait ainsi à permettre aux journalistes de mieux comprendre l’état des lieux de la finance islamique aux niveaux mondial, régional et national, d’en expliquer les enjeux et d’en décrypter les opportunités dans le financement du développement économique du Sénégal.

Les travaux ont été clôturés par une cérémonie de remise d’attestations aux participants, marquant la fin d’un atelier jugé riche en échanges et en apprentissages.

Michel DIEYE

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