Judo sénégalais : une crise de gouvernance menace l’avenir de la discipline, les frondeurs durcissent le ton face à la direction

Contestée de toutes parts, la direction de la Fédération sénégalaise de judo fait face à une fronde interne grandissante. Entre blocage institutionnel et contre-performances sportives, la crise atteint un point critique.

La crise qui secoue la Fédération sénégalaise de judo (FSJ) franchit un nouveau cap. Malgré un vote sans équivoque intervenu le 31 janvier, avec 34 voix contre 17 en défaveur de la direction actuelle, la situation demeure figée.

Initialement, cette décision devait conduire à une réorganisation rapide de la gouvernance, avec la tenue d’une assemblée générale avant le 5 mars, sous l’égide du ministère des Sports et du Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS). Mais plus d’un mois après l’échéance, aucun progrès n’a été enregistré.

Face à cette inertie, Abdou Karim Seck, membre du comité directeur et porte-parole du collectif contestataire, est monté au créneau. Lors d’un point de presse, il a dénoncé un blocage volontaire du processus démocratique interne, accusant les dirigeants en place de faire obstruction.

Les frondeurs ont franchi un cap en déclarant ne plus reconnaître l’autorité du président Ababacar Ngom. Une position radicale qui ouvre la voie à une crise institutionnelle profonde au sein de la fédération.

Au-delà de la gouvernance, les contestataires pointent des dysfonctionnements majeurs : opacité financière, déficit de compétences dans certaines fonctions clés et raréfaction des compétitions pour les athlètes.

Sur le plan sportif, les résultats récents viennent renforcer ces critiques. L’absence de médaille d’or chez les seniors lors du dernier Open de Dakar est perçue comme le symptôme d’un déclin du judo sénégalais, autrefois référence dans la sous-région.

Le collectif dénonce également des manquements administratifs, notamment la non-diffusion d’un chronogramme officiel pour l’organisation de l’assemblée générale, pourtant élaboré par le ministère de tutelle.

Dans ce contexte tendu, les frondeurs appellent à une intervention urgente de la ministre des Sports pour garantir la tenue d’une assemblée générale élective et enclencher une refondation de la gouvernance.

L’issue de cette crise apparaît déterminante pour l’avenir de la discipline, désormais suspendue entre volonté de réforme et résistance au statu quo.

Mamadou Nancy Fall
Up Next

Related Posts