Le mouvement « Farlu Jotna » critique la gestion du Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye deux ans après son élection, dénonçant un gouvernement technocratique et une perte de repère politique au profit d’alliés de l’ancien système. Malgré ce constat, le mouvement, dirigé par le professeur Elhadj Malick Kane, considère l’élection d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale comme une opportunité pour imposer des réformes de rupture et un nouvel équilibre institutionnel.
Deux ans après son accession à la magistrature suprême, le Président Bassirou Diomaye Faye fait face aux vives critiques de ses alliés de la première heure. Dans un communiqué au vitriol publié ce vendredi, le mouvement « Farlu Jotna » – Forces vives du Sénégal, dirigé par le Professeur Elhadj Malick Kane, dresse un bilan sévère de la gouvernance actuelle, tout en entrevoyant une lueur d’espoir grâce au nouvel équilibre parlementaire.
Un président « sans boussole politique » ?
Pour « Farlu Jotna », la nomination d’un gouvernement essentiellement technocratique, dirigé par le Premier ministre Al Aminou Lô, marque une rupture flagrante avec les aspirations populaires de 2024. Le mouvement déplore l’absence officielle du PASTEF pourtant ultra-majoritaire au sein de l’exécutif. Selon les signataires, ce choix écarte définitivement « Le Projet » initial porté par Ousmane Sonko au profit d’une simple stratégie de maintien au pouvoir.
Le mouvement qualifie également le dialogue national de dix jours initié par le chef de l’État de « pseudo-dialogue ». Il y voit une tentative de rapprochement dangereuse avec les figures de l’ancien régime, au risque de subir « le diktat des lobbies ».
L’Assemblée nationale comme rempart et opportunité
Face à ce qu’il qualifie de « décomposition du paysage politique », le Professeur Elhadj Malick Kane perçoit l’élection récente d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale comme un tournant historique. Pour la première fois en soixante ans, la majorité parlementaire n’est plus soumise à l’autorité directe du Président de la République.Cette situation inédite de « page blanche » impose désormais un équilibre institutionnel obligatoire. Le mouvement appelle ainsi les deux figures de l’exécutif et du législatif à collaborer étroitement pour remettre les réformes de rupture à l’ordre du jour.
L’exigence des réformes de fond
Réaffirmant son ancrage au sein de la coalition APTE (alliée de Pastef), « Farlu Jotna » rappelle que l’urgence demeure structurelle. L’organisation exige des actions immédiates sur quatre chantiers prioritaires :L’indépendance réelle de la justice, un meilleur équilibre des pouvoirs constitutionnels, l’encadrement strict des fonds secrets (fonds noirs).
Des nominations au mérite basées sur la compétence plutôt que sur les affinités politiques dans les sociétés d’État
Le ton est donné : pour les forces vives de la rupture, le mandat présidentiel doit rapidement retrouver sa trajectoire initiale sous peine de faire face à un blocage institutionnel majeur.
Correspondance particulière de
Al Sal

