Le gouvernement sénégalais a franchi une étape majeure dans l’élargissement de la protection sociale. À travers deux conventions signées entre l’État, l’IPRES, la Caisse de sécurité sociale et les représentants des artisans, les travailleurs du secteur informel pourront désormais bénéficier de prestations sociales jusque-là réservées au secteur formel.
Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Olivier Boucal, a présidé une rencontre consacrée à la signature de deux conventions destinées à intégrer progressivement les travailleurs de l’économie informelle dans les régimes de sécurité sociale gérés par IPRES et la Caisse de Sécurité Sociale.
La première convention-cadre lie le ministère, l’IPRES et la Caisse de sécurité sociale, tandis que la seconde associe également la Mutuelle sociale nationale des artisans du Sénégal.
Pour les autorités, cette réforme constitue une avancée historique dans un pays où près de 90 % de l’économie relève du secteur informel, alors que seuls les travailleurs du secteur formel bénéficiaient jusque-là d’une couverture sociale structurée.
Retraite, accidents du travail et prestations familiales
Grâce à ces conventions, les travailleurs ciblés pourront accéder à plusieurs branches de la sécurité sociale, notamment la retraite, les prestations familiales et la couverture des accidents de travail.
Le ministre Olivier Boucal a qualifié cette initiative de « correction d’une injustice historique ». Une phase pilote avait déjà été amorcée autour de la couverture sanitaire des artisans.
Le président du conseil d’administration de la Mutuelle sociale nationale des artisans, Assane Guèye, a insisté sur les avantages de cette réforme, notamment la simplification des procédures administratives et l’amélioration de l’accès aux soins.
Un Sénégal aligné sur les standards internationaux
Le PCA de l’IPRES, Mamadou Racine Sy, a estimé que cette réforme permettra au Sénégal de se hisser aux standards internationaux en matière d’inclusion sociale. Il a assuré que des instructions seront données pour accélérer le déploiement du dispositif d’affiliation et adapter les procédures aux réalités du secteur informel.
Les responsables des institutions sociales ont également mis en avant les progrès réalisés dans la digitalisation et la dématérialisation des services afin de faciliter l’intégration des futurs bénéficiaires.
Le président du conseil d’administration de la Caisse de sécurité sociale, Elimane Diouf, a plaidé pour une vaste campagne de sensibilisation afin d’encourager les populations à adhérer à ce nouveau mécanisme.
Les partenaires techniques comme le Bureau international du Travail et la coopération allemande GIZ ont également été salués pour leur accompagnement dans la mise en œuvre de cette réforme.

