À Nairobi, lors de l’ouverture du forum Africa Forward Connect & Inspire, le président de Business Africa, Baïdy Agne, a livré un plaidoyer ambitieux en faveur d’un secteur privé africain plus engagé, plus responsable et davantage tourné vers la valorisation des ressources du continent. Face aux défis liés aux infrastructures, à la transition énergétique et à l’intégration économique, il a appelé à une rupture avec les anciennes pratiques dans les relations économiques franco-africaines.
La cérémonie d’ouverture de Africa Forward Connect & Inspire s’est tenue ce lundi 11 mai 2026 à Nairobi, sous la présidence du Premier ministre kényan Musalia Mudavadi et du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.
Après les allocutions officielles, le président de Business Africa, Baïdy Agne, a pris la parole au nom du secteur privé africain. D’emblée, il a revendiqué son engagement exclusif pour « le Parti de l’Entreprise », un parti qui, selon lui, « écoute, protège et accompagne l’entreprise ».
Dans un discours offensif, il a estimé que « le réveil a encore une fois sonné pour le secteur privé africain », appelant les acteurs économiques du continent à mieux exploiter les richesses disponibles. Le dirigeant patronal a notamment insisté sur quatre leviers majeurs : le capital naturel, humain, financier et commercial.
Selon lui, l’Afrique dispose de plus de 30 % des réserves minérales mondiales, mais peine encore à transformer cette richesse en valeur ajoutée locale et en croissance inclusive. Sur le plan démographique, il a rappelé que l’âge médian de 19 ans représente un potentiel considérable pouvant générer plusieurs dizaines de milliards de dollars supplémentaires pour les économies africaines.
Des besoins d’investissements colossaux
Le président de Business Africa a également mis l’accent sur les besoins massifs en investissements pour accompagner la transformation du continent. Il a évoqué un besoin annuel de plus de 120 milliards de dollars pour les infrastructures liées à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), notamment dans les secteurs des transports, de l’énergie et du numérique.
À cela s’ajoutent, selon lui, plus de 22 milliards de dollars nécessaires pour la transition énergétique à l’horizon 2040 et plus de 20 milliards pour le secteur des transports d’ici 2030.
Face à ces défis, Baïdy Agne a invité les investisseurs africains à davantage de « responsabilités », d’« engagements » et surtout à une « affirmative action » économique capable de transformer durablement le continent.
Vers une nouvelle dynamique France-Afrique
Le patron de Business Africa a plaidé pour une refondation des partenariats économiques entre la France et l’Afrique. Il a notamment insisté sur la nécessité de faciliter les déplacements professionnels et la formation, de développer des chaînes de valeur locales plus inclusives et d’encourager les transferts de technologies.
Parmi les priorités citées figurent également les co-investissements dans les infrastructures modernes, le développement des écosystèmes numériques et fintech, ainsi que l’interconnexion des marchés africains dans les domaines terrestre, maritime et aérien.
Dans une tonalité résolument panafricaine, il a affirmé que « l’Afrique économique n’est plus périphérique » et qu’elle n’est « plus silencieuse ». Avant de conclure sur un appel à bâtir « un panafricanisme capable d’intercéder dans un monde qui ne nous attendra pas ».

