Énergie, Hausse des prix du pétrole : Ousmane Sonko veut renforcer la résilience du Sénégal face aux tensions mondiales

Face aux risques liés à une flambée des prix des hydrocarbures sur les marchés internationaux, le gouvernement sénégalais a élaboré une stratégie visant à limiter les impacts économiques et sociaux d’une éventuelle crise énergétique.

Malgré son entrée récente dans le cercle des pays producteurs de pétrole, le Sénégal demeure fortement exposé aux fluctuations des marchés internationaux des hydrocarbures.

Selon une information rapportée par Agence Ecofin, le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté, lors du Conseil des ministres du 6 mai, un plan d’action destiné à protéger l’économie sénégalaise contre une éventuelle flambée des prix du pétrole liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Le gouvernement redoute notamment une dégradation de la balance commerciale, une hausse des coûts de production, une pression accrue sur les finances publiques ainsi qu’un risque inflationniste pour les ménages.

Pour y faire face, six mesures ont été retenues. Elles reposent notamment sur une politique de sobriété énergétique, l’accélération de la transition vers les énergies renouvelables et la mise en place d’un bouclier énergétique ciblé pour les secteurs stratégiques et les ménages vulnérables.

Le gouvernement prévoit également de diversifier les sources d’approvisionnement en produits pétroliers afin de réduire les risques liés aux perturbations internationales.

Le secteur de l’électricité occupe une place centrale dans cette stratégie. Le chef du gouvernement a demandé l’organisation prochaine d’un conseil interministériel consacré à la performance de la Senelec.

Le ministre de l’Énergie devra transmettre une note de cadrage dans un délai de trente jours, tandis que le ministère des Finances procédera à une évaluation des engagements financiers de l’État dans le secteur énergétique.

De son côté, la Senelec devra élaborer un plan opérationnel couvrant les volets technique, commercial, financier et organisationnel.

Cette stratégie intervient alors que le Sénégal continue de dépendre fortement des importations de produits pétroliers raffinés, malgré la production du champ pétrolier Sangomar depuis 2024.

Selon les chiffres relayés dans l’article, les importations pétrolières du Sénégal ont dépassé 1 600 milliards FCFA entre 2022 et 2024, tandis que les subventions énergétiques ont représenté plus de 1,3 milliard de dollars en 2023.

L’économiste Amath Ndiaye estime qu’une hausse d’un dollar du prix du baril entraîne un coût supplémentaire d’environ 20 millions de dollars pour le budget de l’État sénégalais.

Momar Diack SECK
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