Plus de 500 enfants atteints, l’alarme retentit : à Kaolack , la drépanocytose progresse et inquiète, les malades réclament une prise en charge urgente

À l’occasion de la Journée mondiale de la drépanocytose, les acteurs engagés dans la lutte contre cette maladie à Kaolack alertent sur une situation préoccupante. Plus de 500 enfants souffrent de la forme la plus sévère de la pathologie, tandis que des dizaines de nouveaux cas sont enregistrés chaque mois.

La drépanocytose demeure un défi majeur de santé publique dans la région de Kaolack. Selon les chiffres communiqués par l’Association régionale de lutte contre la drépanocytose, 522 enfants atteints de la forme SS, considérée comme la plus grave, sont actuellement suivis à la pédiatrie de l’Hôpital général El Hadji Ibrahima Niass.

D’après le quotidien EnQuête, Lalla Salimata Fall, chargée de communication de l’association, estime la situation particulièrement alarmante. Chaque mois, environ 70 nouveaux cas sont diagnostiqués parmi les enfants, un rythme qui suscite de vives inquiétudes chez les professionnels de santé et les familles.

L’association dénonce surtout l’absence de mécanisme de prise en charge spécifique pour les drépanocytaires. « Toutes les autres maladies bénéficient d’une prise en charge sanitaire, sauf la drépanocytose », regrette Mme Fall, citée par EnQuête.

La responsable associative rapporte également des situations dramatiques vécues au quotidien par les familles. Certaines renoncent à se rendre à l’hôpital faute de moyens financiers. Elle évoque notamment des cas récents d’accidents vasculaires cérébraux survenus chez deux enfants hospitalisés.

Au-delà des conséquences médicales, la maladie affecte fortement l’insertion professionnelle des personnes atteintes. Les crises répétées entraînent des absences fréquentes qui compromettent souvent la stabilité de l’emploi.

Dans les colonnes d’EnQuête, une ancienne présidente d’association de drépanocytaires témoigne des difficultés rencontrées tout au long de son parcours. Contrainte d’abandonner ses études en raison de longues périodes d’hospitalisation, elle s’est tournée vers l’entrepreneuriat afin d’adapter son activité à son état de santé.

Elle souligne également que de nombreux Sénégalais ignorent être porteurs de la maladie ou du gène responsable de sa transmission. Cette méconnaissance contribue, selon elle, à la progression du nombre de cas dans le pays.

Face à cette situation, les associations appellent les autorités à mettre en place une politique nationale plus ambitieuse en faveur des drépanocytaires, notamment en matière de dépistage précoce, d’accès aux soins et de soutien social.

La Journée mondiale de la drépanocytose a ainsi servi de tribune pour rappeler l’urgence d’une meilleure prise en charge d’une maladie qui continue de bouleverser des milliers de familles sénégalaises.

Oumou Khaïry NDIAYE
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