L’artiste plasticien sénégalo-suisse Ousmane Dia entend placer l’art au cœur du débat sur la paix et la mémoire des peuples meurtris. À l’occasion d’une conférence de presse organisée mercredi 5 août au Monument de la Renaissance africaine, il a présenté son ambitieux projet d’exposition intitulé « Il était une fois Gaza », dont l’ouverture est prévue le 23 octobre prochain pour une durée de trois mois, jusqu’en janvier 2027.
À travers cette exposition, le plasticien souhaite proposer bien plus qu’un simple parcours artistique. Son initiative se veut à la fois un espace de création, un outil pédagogique et un acte d’engagement culturel destiné à interpeller les consciences sur le drame humanitaire qui frappe la bande de Gaza.
Sous la conduite d’un vernissage prévu le 23 octobre, l’artiste se présente comme « témoin de son époque », porteur de voix et voix des sans-voix . Il alerte sur la mémoire tragique des victimes innocentes de Gaza, sur l’injustice faite à ce peuple et sur l’inaction des institutions compétentes.
Ainsi, Ousmane Dia affirme vouloir donner une voix aux populations victimes des conflits et rappeler la mémoire des innocents. Son exposition dénoncera les souffrances endurées par les Palestiniens, tout en s’interrogeant sur l’impuissance de la communauté internationale face à cette tragédie.
L’artiste explique également vouloir établir un parallèle entre les blessures historiques du continent africain — notamment l’esclavage et la colonisation — et les épreuves traversées aujourd’hui par le peuple palestinien. Pour lui, cette mise en perspective vise à nourrir une réflexion universelle sur les injustices, la mémoire et la dignité humaine.
Ayant séjourné aussi bien en Israël qu’en Palestine, Ousmane Dia dit avoir découvert deux peuples profondément attachés à leur terre. Il a tenu à saluer les Israéliens favorables à une coexistence pacifique et a réaffirmé son soutien à une solution à deux États vivant côte à côte dans la paix. Il a également rappelé l’engagement diplomatique historique du Sénégal en faveur de la cause palestinienne au sein des Nations unies, tout en invitant les Palestiniens à conserver l’espoir en la justice.
Sur le plan artistique, « Il était une fois Gaza » réunira sculptures, installations monumentales, peintures et dessins, réalisés pour la plupart dans son atelier au Sénégal.
L’une des pièces maîtresses sera une installation intitulée « À la mémoire des innocents », composée de 365 sculptures représentant chacun des jours de l’année. À travers cette œuvre, l’artiste souhaite illustrer le caractère quotidien de la souffrance infligée aux populations victimes des guerres.
Une sculpture monumentale de plus de six mètres de hauteur constituera également un mémorial africain consacré à l’esclavage et à la colonisation, tandis qu’une autre création, inspirée du ruban blanc et volontairement marquée par la rouille, dénoncera les violences spécifiques subies par les femmes dans les conflits armés.
L’exposition accordera également une place importante à une œuvre baptisée « Assise palestinienne », conçue comme un hommage à l’hospitalité du peuple palestinien, que l’artiste affirme avoir personnellement expérimentée lors de ses voyages.
À travers ce projet, Ousmane Dia ambitionne de faire de Dakar un lieu de dialogue artistique et de réflexion internationale autour des valeurs de justice, de paix et de solidarité entre les peuples.
Correspondance particulière de
Papa S Traoré

