Élections locales : le mois d’août s’annonce décisif pour la convocation du scrutin

La fixation de la date des prochaines élections locales continue d’alimenter les débats au sein de la classe politique et parmi les observateurs de la vie publique. Selon le quotidien L’As, le président de la République disposerait encore du mois d’août pour signer le décret convoquant le corps électoral, conformément aux délais prévus par le Code électoral.

Interrogé sur cette question, Djibril Gningue, membre du Groupe de recherche et d’appui-conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (GRADEC), estime que le chef de l’État demeure, pour l’instant, dans les délais légaux. Il relève toutefois que la marge de manœuvre devient particulièrement réduite.

Comme le rappelle L’As, le Code électoral prévoit que les élections locales se tiennent dans les trente jours précédant l’expiration de la cinquième année du mandat des exécutifs territoriaux. Les maires élus en janvier 2022 arriveront ainsi au terme de leur mandat entre le 23 décembre 2026 et le 24 janvier 2027.

Djibril Gningue souligne également que le processus électoral doit être engagé environ 150 jours avant le scrutin, notamment avec la fixation du montant de la caution. Selon lui, cette exigence laisse au président de la République le seul mois d’août pour prendre le décret fixant la date des élections.

Parallèlement, le débat reste ouvert sur l’éventualité d’un couplage entre les élections locales et d’éventuelles législatives anticipées. Cette hypothèse découle notamment des discussions autour d’une possible dissolution de l’Assemblée nationale, une faculté prévue par l’article 87 de la Constitution. Toutefois, cette dissolution ne peut intervenir qu’après les deux premières années de la législature actuelle, installée le 2 décembre 2024 à la suite des élections législatives anticipées du 17 novembre de la même année.

Dans ce contexte, le président de la République a saisi le Conseil constitutionnel afin d’obtenir un avis sur cette perspective. Djibril Gningue préfère attendre la décision de la haute juridiction avant de tirer des conclusions, estimant que celle-ci dépendra largement des termes de la saisine présidentielle ainsi que du contexte politique, économique et institutionnel actuel.

Pendant ce temps, les formations politiques, aussi bien celles réunies au sein du Front pour la défense de la démocratie et de la République que le parti majoritaire Pastef, continuent d’appeler le chef de l’État à arrêter officiellement la date des élections locales. Le quotidien L’As rappelle que ce scrutin est largement perçu comme un véritable test politique à mi-mandat pour les autorités en place.

Oumou Khaïry NDIAYE
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