Le décès d’un ouvrier sierra-léonais, survenu après une chute du sixième étage d’un chantier de la Cité de l’Émergence à Dakar, relance les interrogations sur le respect des normes de sécurité sur les grands projets immobiliers. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes du drame.
Le décès d’Alusine Kamara, un ouvrier sierra-léonais employé sur un chantier de la Cité de l’Émergence, continue de susciter de nombreuses interrogations. Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, le commissariat de Bel-Air a été officiellement informé de son décès après plusieurs jours d’hospitalisation à l’Hôpital Principal de Dakar.
La victime avait fait une chute du sixième étage du chantier le 16 mai dernier. Le certificat médical évoque un grave traumatisme crânien, des lésions thoraciques importantes ainsi que plusieurs fractures, notamment à la jambe gauche. Face à la gravité des blessures et aux circonstances de l’accident, une autopsie a été requise afin d’éclairer davantage les enquêteurs.
D’après Libération, la responsable du chantier, une ressortissante chinoise identifiée sous le nom de Liu Xing, a expliqué aux enquêteurs que l’ouvrier aurait été victime d’un malaise avant de tomber dans le vide. Les recruteurs des travailleurs, Huang Xinyu et Tang Guoqiang, ont soutenu cette version.
Cependant, les déclarations d’un collègue de la victime apportent un éclairage différent. Présent au moment des faits, ce dernier affirme avoir assisté à la chute et évoque également une perte de connaissance soudaine. Mais il conteste catégoriquement les affirmations de l’employeur concernant l’existence d’équipements de protection individuelle.
Selon ce témoin, les ouvriers travailleraient sans casques ni gants, contrairement à ce qu’ont déclaré les responsables du chantier. Ces révélations pourraient constituer un élément déterminant dans l’enquête en cours, notamment sur le respect des obligations légales en matière de sécurité des travailleurs.
Avant l’annonce du décès, les enquêteurs envisageaient déjà une confrontation entre les différentes parties. Avec la disparition de l’ouvrier, l’affaire prend désormais une nouvelle dimension judiciaire. Selon Libération, les investigations se poursuivent afin d’établir d’éventuelles responsabilités dans ce drame qui remet au premier plan les conditions de travail sur certains chantiers de construction au Sénégal.

