La polémique enfle autour de la situation des médecins exerçant au Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD). Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES), section Dakar, a vivement réagi aux propos du directeur du COUD, qui a qualifié les médecins du campus social de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de « travailleurs saisonniers ».
Dans un communiqué publié le 6 août, le SAMES condamne « avec la plus grande fermeté » cette qualification, qu’il considère comme révélatrice d’une méconnaissance des dispositions du Code du travail. Pour le syndicat, il n’existe aucun statut de « médecin saisonnier » reconnu par la législation sénégalaise.
Le SAMES estime surtout que cette déclaration contribue à banaliser la situation de précarité dans laquelle se trouvent plusieurs médecins employés au COUD. Le syndicat rappelle que ces professionnels sont hautement qualifiés, soumis à des obligations déontologiques et inscrits au Tableau de l’Ordre national des médecins. À ce titre, ils ne sauraient être assimilés à des travailleurs saisonniers pour justifier le maintien de contrats précaires sur une longue période.
Le syndicat souligne notamment que le renouvellement répété de contrats à durée déterminée pour répondre à un besoin permanent doit conduire l’employeur à se conformer aux dispositions légales applicables. Il appelle, dans ce contexte, à une régularisation de la situation des médecins concernés.
Au-delà de la polémique sur le terme employé par le directeur du COUD, le SAMES alerte sur les conditions de travail de ces agents de santé. Selon le syndicat, plusieurs médecins exercent depuis plus de cinq ans sans même disposer d’un exemplaire de leur contrat de travail, une situation qu’il juge contraire aux exigences légales.
Le SAMES dénonce également des niveaux de rémunération qu’il estime insuffisants au regard des responsabilités assumées par ces professionnels. Il pointe par ailleurs des modalités de paiement jugées peu transparentes ainsi que l’absence de plusieurs droits sociaux considérés comme essentiels à l’exercice de leur profession.
Pour le syndicat, ces difficultés ne peuvent plus être ignorées. Il invite ainsi la direction générale du COUD à ouvrir, sans délai, des négociations « sérieuses et sincères » afin d’apporter des réponses concrètes aux revendications des médecins.
Le SAMES réaffirme par ailleurs son attachement au dialogue social, tout en prévenant qu’il prendra ses responsabilités si aucune solution n’est trouvée. Le syndicat dit être prêt à recourir à l’ensemble des moyens d’action syndicale ainsi qu’aux voies de droit prévues par la législation pour défendre les droits des médecins du COUD.
Cette sortie du SAMES remet ainsi au premier plan la question de la précarité des personnels médicaux intervenant dans le système universitaire et appelle à une clarification de leur statut ainsi qu’à une amélioration de leurs conditions professionnelles.

