Crise de l’électricité : Thierno Alassane Sall met en cause les choix ayant conduit aux délestages

Dans une analyse consacrée à la situation énergétique du Sénégal, relayée par le quotidien Tribune, Thierno Alassane Sall compare les échanges d’électricité du pays avec ses voisins entre 2023 et 2026. Il dénonce une inversion de tendance, marquée selon lui par le recours croissant aux importations et par les coûts liés au fonctionnement de la centrale de West African Energy.

Le Sénégal, autrefois exportateur d’électricité vers plusieurs pays voisins, se retrouve désormais en situation d’importateur. C’est le constat dressé par Thierno Alassane Sall dans une analyse consacrée à la crise actuelle de l’électricité et aux délestages qui affectent plusieurs localités.

Selon les chiffres avancés par Thierno Alassane Sall, le Sénégal exportait en 2023 jusqu’à 120 MW vers la Guinée, 60 MW vers la Gambie et 40 MW vers la Mauritanie. En 2026, la tendance se serait inversée, avec des importations pouvant atteindre 200 MW en provenance de la Guinée.

Pour l’ancien ministre, cet apport ne permettrait toutefois pas de résorber le déficit, qu’il décrit comme particulièrement important et à l’origine des délestages tournants opérés par la Senelec. Il établit également une comparaison avec la crise de 2011, estimant que le déficit actuel serait supérieur à celui enregistré durant cette période.

Toujours sur Tribune, Thierno Alassane Sall évoque par ailleurs une différence de traitement entre les zones concernées par les coupures. Il affirme que Dakar et certaines de ses banlieues seraient davantage préservées, tandis que Thiès et d’autres localités connaîtraient des délestages plus longs et plus fréquents. Il cite également, sur un ton critique, la différence entre le Palais de la République et Ndiaganiao (terre natale du président Faye) face à ces perturbations.

Une centrale fonctionnant au diesel

L’un des principaux points soulevés concerne la centrale de West African Energy. Selon Thierno Alassane Sall, cette installation, qui devait fonctionner au gaz, serait actuellement alimentée au Diesel Oil. Il estime le coût quotidien de cet approvisionnement à un milliard de francs CFA et évoque la mobilisation d’une cinquantaine de camions-citernes pour assurer l’alimentation de la centrale.

L’ancien ministre conclut en soulignant le contraste entre la situation de 2023, lorsque le Sénégal exportait de l’électricité, et celle de 2026, marquée selon lui par une dépendance vis-à-vis de la Guinée. Il annonce enfin vouloir revenir sur les décisions politiques qu’il considère comme étant à l’origine de cette situation et de ses conséquences sur les ménages et les entreprises.

Mamadou Nancy Fall
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