La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) a présenté son rapport d’activités 2025, marqué par la réception de 866 déclarations d’opérations suspectes. Les banques et établissements financiers demeurent les principaux contributeurs dans le dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement illicite.
La Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF) a dévoilé mardi son rapport annuel 2025, mettant en lumière l’évolution des signalements liés aux opérations financières suspectes au Sénégal.
Selon les chiffres communiqués par la secrétaire générale de l’institution, Mme Khadidjatou Faye Diop, la CENTIF a reçu au total 866 déclarations d’opérations suspectes (DOS) au cours de l’année écoulée, contre 928 en 2024.
Cette baisse de 6,7 %, jugée modérée, ne remet toutefois pas en cause la dynamique observée ces dernières années. Mme Diop souligne en effet que le volume des déclarations demeure supérieur à celui enregistré en 2023, où 807 DOS avaient été recensées.
Les banques et établissements financiers restent les principaux acteurs du dispositif déclaratif, représentant à eux seuls 75 % des signalements reçus par la CENTIF. Une tendance qui, selon la responsable, s’observe également à l’échelle internationale, en raison du rôle central joué par le secteur bancaire dans les flux financiers.
Les établissements de monnaie électronique arrivent en deuxième position avec 9 % des déclarations, illustrant la montée en puissance des outils de finance digitale, notamment le mobile money, les cartes prépayées et les plateformes de transfert d’argent.
Les opérations de transfert d’argent représentent également 9 % des DOS, devant les systèmes financiers décentralisés, les compagnies d’assurance, les notaires, les agents immobiliers ou encore les casinos, désormais soumis aux obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux.
Le rapport révèle par ailleurs que les infractions les plus fréquemment détectées concernent les faux et usages de faux, les fraudes documentaires et numériques ainsi que les infractions fiscales et les faits de corruption.
Au total, 1 120 infractions ont été identifiées en 2025 à travers les différentes déclarations traitées par la CENTIF.
La structure indique également avoir enregistré plus de 2 300 réponses à des réquisitions adressées aux institutions nationales, dont 92 % provenaient du secteur financier.
Sur le plan international, la CENTIF a reçu 21 déclarations émanant de l’étranger et adressé 40 demandes d’informations à des partenaires internationaux dans le cadre de la coopération contre les flux financiers illicites.

