Locales de 2027 et Présidentielle de 2029 : face au poids du bilan de Diomaye, Sonko sommé d’assumer son rôle

Les tensions persistantes entre les différentes composantes du camp présidentiel alimentent les spéculations sur une séparation politique entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko en perspective des Locales de 2027 et de la Présidentielle de 2029. Mais pour plusieurs observateurs, le chef du gouvernement demeure pleinement comptable du bilan du régime qu’il contribue à conduire.

Selon le quotidien Tribune, les lignes de fracture au sein de la majorité présidentielle deviennent de plus en plus visibles. Entre la coalition Diomaye-Président et l’Alliance pour la Patrie et l’Éthique (APTE) dirigée par Ousmane Sonko, les rapports semblent désormais marqués par la méfiance et une compétition politique à peine voilée.

D’après Tribune, tout indique que les deux figures du pouvoir pourraient aller séparément aux élections territoriales de 2027 puis à la présidentielle de 2029. Une hypothèse qui nourrit le débat politique, d’autant que les deux hommes incarnent jusqu’ici les visages complémentaires du projet porté par Pastef.

Mais au-delà des ambitions futures, la question de la responsabilité politique du Premier ministre revient avec insistance. En acceptant de diriger le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko devient, selon plusieurs analystes, solidairement responsable des résultats du pouvoir exécutif.

Le journal souligne que, dans l’architecture institutionnelle sénégalaise, le président définit les grandes orientations de la politique nationale tandis que le Premier ministre dirige l’action gouvernementale et supervise l’exécution des politiques publiques. Les décrets présidentiels étant généralement contresignés par le chef du gouvernement, celui-ci engage directement sa responsabilité politique dans les décisions prises.

Ainsi, même en cas de divergences stratégiques ou politiques avec le chef de l’État, Ousmane Sonko ne pourrait se désolidariser du bilan du régime sans s’exposer à des critiques sur sa cohérence politique. Le Premier ministre, qui a récemment affirmé qu’il ne démissionnerait pas malgré certaines tensions internes, demeure au cœur de la machine gouvernementale.

Le débat autour de cette cohabitation politique au sein d’un même camp pourrait fortement influencer les recompositions à venir, alors que les échéances électorales commencent déjà à structurer les ambitions et les positionnements des différents acteurs.

Mamadou Nancy Fall
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