Le tourisme attend sa prochaine embellie Par Mamadou Lamine Diatta

La Chronique De MLD -Alpha Thiam le nouveau patron de la culture, de l’artisanat et du tourisme a clairement hérité d’un super- ministère. Ce département stratégique a notamment la charge de procéder à la relance du tourisme- hôtellerie, un secteur transversal considéré comme la première activité économique mondiale et la deuxième au Sénégal en termes de création de richesses et d’apport en devises.

Malheureusement, l’âge d’or du tourisme semble derrière nous. Il est loin le temps de l’attractivité de sites comme la station balnéaire de Saly Portudal, le Cap-Skirring dont l’envol a été plombé par la crise casamançaise, les îles du Saloum, le Domaine du Nianing, le club Aldiana fortement prisé par les Allemands et les Nordiques etc.

Entre- temps, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Les nombreuses crises liées à l’ajustement structurel, la dévaluation du franc cfa, les subprimes ( 2008) et récemment la Covid ont carrément mis à genoux ces braves acteurs du tourisme.

L’autre problème et non des moindres, c’est qu’en restant fidèle à l’imagerie populaire, les pouvoirs publics ont toujours considéré les investisseurs du tourisme- hôtellerie  comme des profils roulant sur l’or et juste bons à traiter en vaches à lait. C’est notamment ce qui explique cette fiscalité étouffante et contre-productive de nature à tuer la poule aux œufs d’or. Et puis la destination Sénégal coûte excessivement cher.

Pour le prix d’un billet d’avion Paris- Dakar- Paris, un touriste français peut se payer un séjour au Maroc ou en Tunisie pour quasiment une semaine     le billet d’avion y compris…Dans ces conditions, comment rendre les réceptifs hôteliers sénégalais compétitifs ? Question existentielle ! Comment attirer davantage de visiteurs et franchir au moins la barre fatidique des 1. 500. 000 touristes/ an fixée dès le début des années 2000 en restant arrimé à la bonne vieille offre du tourisme balnéaire ?

Il est clair que le monde bouge et il faudrait bien renouveler les stratégies de promotion du secteur. L’agence sénégalaise de promotion touristique ( ASPT) une vieille doléance des professionnels se déploie tant bien que mal avec des méthodes  franchement passées de mode.

Les acteurs ont d’ailleurs du mal à comprendre et à évaluer son véritable impact dans l’opération stratégique de quête d’attractivité et de vente du label Sénégal.  Ce n’est pas en se vautrant dans une bureaucratie lourde et en faisant le tour des foires et salons du monde entier sans résultats tangibles sur les statistiques en termes de hausse exponentielle du nombre de visiteurs qu’on fera de la destination Sénégal une des plus courues d’Afrique à l’image des pays du Maghreb, du Kenya, de la Tanzanie et même du Cap- Vert…

L’ASPT devrait clairement se réinventer pour se mettre à la page en termes de politique de promotion agressive.

Le ministre du tourisme avoir compris les enjeux en ouvrant ses locaux de la sphère de Diamniadio aux professionnels du tourisme et en faisant preuve d’un sens élevé de l’écoute et en apportant des solutions hic et nunc.

Le tourisme, c’est l’affaire de ce  secteur privé  moteur de la croissance en ce qu’il injecte du cash souvent  en faisant recours aux prêts bancaires et en créant des emplois massifs et de la valeur ajoutée.  En revanche l’État a la mission régalienne de mettre à la disposition des privés un cadre attrayant, un accompagnement adéquat, de la réglementation- normalisation, de la formation et enfin de la régulation.

L’espoir est donc permis en disséquant le champ lexical du ministre de tutelle Alpha Thiam qui parle entre autres de soft-power, de Branding, du label Sénégal et de l’urgence d’une synergie État/ secteur privé pour mieux positionner le Sénégal ce pays aux atouts naturels insoupçonnés sur les marchés émetteurs d’ Europe ( France, Allemagne, Scandinavie) mais également d’Asie, d’Amérique et même d’Afrique.

Oui, il faudrait changer le logiciel jusque-là en vigueur : Pour redonner au Sénégal son lustre d’antan, il  faudrait commencer par doper le tourisme intra- africain et apprivoiser un marché continental non négligeable. Mieux, avec la connectivité naturelle entre le tourisme- hôtellerie et les transports aériens, il faudrait songer à la création d’une compagnie aérienne sous-régionale robuste d’autant que les expériences de compagnies nationales du genre Air Sénégal International ont souvent reçu du plomb dans l’aile.  Tout est lié !

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