Sécurité sanitaire des aliments : la qualité certifiée, une réponse aux risques pour les consommateurs

Les récentes saisies de produits alimentaires impropres à la consommation au Sénégal ont ravivé les inquiétudes des consommateurs. Si les contrôles permettent de retirer les produits non conformes du marché, la prévention passe aussi par un renforcement durable de l’infrastructure qualité. C’est l’ambition du projet STDF PG 770, qui accompagne la modernisation des systèmes d’accréditation et des organismes d’évaluation de la conformité en Afrique de l’Ouest.
Les récentes saisies de boissons, de denrées alimentaires et d’autres produits jugés impropres à la consommation au Sénégal ont relancé le débat sur la sécurité sanitaire des aliments. À ces opérations s’ajoutent les résultats de plusieurs études scientifiques qui alertent régulièrement sur les risques de contamination microbiologique ou chimique de certains produits. De quoi renforcer les préoccupations des consommateurs.
Pour les spécialistes, les contrôles restent indispensables, mais ils ne suffisent pas. Garantir durablement des aliments sûrs suppose également de disposer de laboratoires performants, d’organismes d’inspection et de certification compétents, ainsi que de systèmes d’accréditation capables d’attester de la fiabilité des contrôles réalisés.
C’est précisément dans cette logique que s’inscrit le projet STDF PG 770, mis en œuvre par le Système Ouest Africain d’Accréditation (SOAC) avec l’appui technique de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) et principalement financé par le Standards and Trade Development Facility (STDF). L’initiative vise à renforcer les capacités des acteurs et actrices de l’infrastructure qualité afin d’améliorer la sécurité sanitaire des aliments tout en facilitant l’accès des entreprises aux marchés régionaux et internationaux.
Pour Khady Evelyne Denise Ndiaye, Directrice du Secteur privé de la Commission de l’UEMOA, la qualité est aujourd’hui un véritable facteur de compétitivité.
« La compétitivité de nos entreprises ne dépend plus uniquement de leur capacité à produire. Elle dépend aussi de leur capacité à démontrer que leurs produits répondent aux exigences des marchés. C’est précisément le rôle de l’infrastructure qualité. »
L’un des principaux axes du projet repose sur la digitalisation de l’accréditation, afin de rendre les services d’évaluation de la conformité plus accessibles, plus rapides et moins coûteux, notamment pour les PME agroalimentaires. Cette modernisation devrait également contribuer à renforcer la reconnaissance des certificats au niveau régional et à améliorer la confiance dans les produits mis sur le marché.
Au-delà de la compétitivité des entreprises, c’est bien la protection des consommateurs qui est en jeu. Pour Mme Khady Evelyne Denise Ndiaye, la qualité est le socle de cette confiance.
« La qualité ouvre les marchés, la confiance crée les opportunités et l’innovation transforme les économies. Car, au fond, tout commence par la qualité : sans qualité, il n’y a pas de confiance ; sans confiance, il n’y a pas de marché ; et sans marché, il n’y a pas de développement durable. »
À l’heure où la sécurité sanitaire des aliments s’impose comme une préoccupation croissante des populations, le projet STDF PG 770 illustre une conviction partagée par les acteurs de l’infrastructure qualité : la confiance des consommateurs ne se décrète pas, elle se construit grâce à des contrôles fiables, des organismes compétents et une qualité certifiée.

Saër DIAL

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