Ibrahima Thiam et ses missiles sur Sonko: «Le Sénégal n’a pas besoin de bonimenteurs, la démocratie commence là où l’on accepte d’être contredit ! »

Dans une tribune consacrée à l’évolution politique d’Ousmane Sonko, Ibrahima Thiam, président du parti Act, livre une critique particulièrement sévère de l’ancien Premier ministre et actuel président de l’Assemblée nationale.

D’emblée, l’auteur compare Ousmane Sonko à un « bonimenteur de foire », estimant que son discours politique reposerait davantage sur l’emphase et les formules choc que sur la démonstration et les preuves. Il cite notamment les controverses liées aux 94 milliards de FCFA, aux accusations visant Mame Mbaye Niang ainsi qu’à celles concernant Aminata Touré et les fonds spéciaux.

Pour Ibrahima Thiam, ces différentes affaires illustreraient, selon lui, un même procédé : des accusations spectaculaires et des chiffres importants, suivis de la nécessité d’apporter des preuves. Il estime également que les hommes d’affaires ne devraient pas être présentés comme une catégorie suspecte, soulignant que le développement économique passe par ceux qui entreprennent, investissent et créent des emplois.

L’auteur porte également son analyse sur l’Assemblée nationale. Il estime que le limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature et son arrivée à la tête de l’institution parlementaire ont modifié le rapport de force politique. Selon lui, la multiplication des commissions d’enquête donne parfois le sentiment que le contrôle parlementaire sert autant à construire un récit politique qu’à établir des faits.

Ibrahima Thiam rappelle toutefois que le contrôle parlementaire est légitime, tout en estimant que l’Assemblée nationale « n’est ni un meeting permanent ni le prolongement d’un parti ». À ses yeux, elle représente l’ensemble du peuple sénégalais, y compris les citoyens qui ne votent pas pour Pastef.

Dans sa tribune, le président du parti Act dénonce également ce qu’il considère comme une difficulté à accepter la contradiction. Il estime que lorsque des magistrats, des acteurs de la société civile, des journalistes ou des intellectuels contestent les positions d’Ousmane Sonko, ils seraient rapidement présentés comme suspects ou manipulés.

« La démocratie, pourtant, commence précisément là où l’on accepte d’être contredit », écrit Ibrahima Thiam, qui appelle à juger le passage d’Ousmane Sonko à la Primature et son action parlementaire à l’aune des faits, des décisions et des résultats.

L’auteur s’interroge également sur la personnalité politique de l’ancien Premier ministre, qu’il décrit comme pouvant être simultanément « héros, victime, procureur, lanceur d’alerte et détenteur exclusif de la vérité ». Il pose alors la question : « Qui parle quand Ousmane contredit Sonko ? »

Enfin, Ibrahima Thiam réagit à la comparaison parfois faite entre Ousmane Sonko et Cheikh Anta Diop. Il estime que cette comparaison ne saurait résister à l’examen des œuvres et des contributions respectives, rappelant que Cheikh Anta Diop a laissé une œuvre scientifique et intellectuelle construite au terme de plusieurs décennies de recherche.

Pour le président du parti Act, le Sénégal doit plutôt rechercher des dirigeants capables d’affronter les faits et de présenter des résultats concrets

Pape Ismaïla CAMARA
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